jeudi 18 mars 2010

De Now Rouz et du printemps

Tout le monde ces jours-ci a l'impression que le printemps est arrivé de bonne heure. Mais les Iraniens, les Afghans et les Kurdes vous le diront: le printemps arrivera à Montréal exactement à 12:32 samedi. À ce moment précis, ils célébreront Now Rouz, le nouvel an perse. Une tradition qui remonte à l'ère pré-islamique. Depuis 10 ans, je me joins à eux avec beaucoup d'enthousiasme.
Pour l'occasion, il faut préparer un petit autel qui s'appelle le Haft Sin. On y met sept objets qui commence en perse par la lettre s: de l'argent, de la verdure, du vin (dans la République islamique, on met du vinaigre), une baie, etc. Quand le moment du printemps arrive, on se recueille trois secondes et après, on fait la fête! Vous voulez joindre le bal, allez faire un tour au supermarché Akhavan (6170 Sherbrooke Ouest, dans NDG) pour acheter tout ce que ça prend.
Chaque année, Now Rouz prend un peu d'ampleur à Montréal. Cette année, on a un peu de misère à se faire confirmer les événements, mais il y aura un party au chic Palace de Laval.

On vous revient là-dessus.

L.-J.P.

samedi 13 mars 2010

Trololo russki

Grande nouvelle. C'est maintenant officiel, le Guide du Montréal multiple sera lancé le 19 avril.
Pour fêter ça en grande, permettez qu'on partage cet excellent clip avec vous, qui n'a rien à voir Montréal, mais on s'en fout parce que franchement, quel sourire, quel art du lipsynch et surtout, quelles paroles! Ah Russki da da da... trolololo trololo trololo.


Mais quelqu'un peut-il nous dire qui est ce marchand de bonheur?


jeudi 11 mars 2010

Kebab toute!


Je suis (déjà) revenue de l'Afrique du sud et je vous promets d'ici peu un compte-rendu bien senti sur la complexité des relations raciales là-bas et la gestion de la diversité... mais pour ce matin, j'ai décidé de vous emmener ailleurs. Une destination à la fois inspirée par le procès qu'intente à l'Iran le fils de Zahra Kazemi, la photographe irano-montréalaise, tuée dans une prison de Téhéran de 2003 ainsi que par la visite hier de Chirine Ebadi, l'avocate iranienne qui a remporté en 2003 le Prix Nobel de la Paix... et qui a représenté la famille de Zahra Kazemi devant les tribunaux de son pays. Vous voyez, tout ça se tient. Mais sortons des histories tristes et parlons culture iranienne. Ou plutôt popotte iranienne. L'Iran, comme la Chine et l'Inde a une cuisine millénaire qui compte des milliers de plats. Les Iraniens maîtrisent l'art du mijoté comme pas deux. Chaque famille a ses secrets bien gardés. Quand ils vont au restaurant cependant, les Iraniens n'ont qu'une idée en tête: manger des brochettes. Leurs fameux chelo kebabs. La tradition est coulée dans le béton: des kebabs, qu'ils soient à l'agneau hacé (kebab koobideh) au poulet safrané (murgh kebab) ou au filet mignon (bargh kebab) se servent avec une grande platée de riz safrané, des tomates cuites au barbecue, du beurre en quantité (pour le riz), et du sumc, une épice sûre que l'on saupoudre sur tout le reste. Tout ça est précédé d'une soupe ou d'une salade et suivi d'un thé noir, accompagné de cubes de sucre à travers lesquels on boit le thé (un art). Le tout crée une dépendance.

La bonne nouvelle est qu'il existe à Montréal plusieurs excellents endroits pour calmer cette dépendance. Le restaurant Téhéran, tout près du métro Vendôme, est l'adresse la plus connue. Depuis deux mois, il y a aussi une nouvelle adresse sur la rue Sherbrooke ouest. Khorasan (5700 Sherbrooke Ouest). Le chef et propriétaire, d'origine afghane, a longtemps travaillé chez Téhéran et a récemment décidé d'ouvrir sa propre shop. l'endroit est ultra fréquenté déjà à l'heure du lunch. Pour 30$, on peut facilement nourrir 4 personnes. En plus des kebabs, quelques plats traditionnels sont servis. Un différent par jour. Le décor ne paie pas de mine, mais bon, le party est dans l'assiette.

L.-J.P.

mardi 9 mars 2010

A quand la première sainte mohawk?


Kateri Tekakwitha, ça vous rappelle quelque chose? Un camp de vacances? Oui, mais encore?
Lisez notre papier dans la Presse de samedi sur l'éventuelle canonisation de cette fervente mohawk, qui a déjà été béatifiée par le pape Jean-Paul II en 1980 mais qui tarde à être déclarée sainte. Où il est question de miracles et de bactéries mangeuses de chair...

JCL

mardi 16 février 2010

En direct de la «Rainbow Nation»

Il faut parfois prendre un peu de recul pour mieux se voir. Et quel meilleur endroit pour réfléchir à la nouvelle politique des Mohawks qui veulent expulser les Blancs de leur territoire (pas très Montréal multiple, comme approche) et aux questionnements identitaires à la Bouchard-Taylor version 2010 qu'en Afrique du sud. Ce que j'en pense? Vous devrez encore patienter un peu puisque je suis ici depuis 48 heures, mais je vous reviens là-dessus. Pour le moment, j'explore Johannesbourg et je rencontre des gens adorables qui se disent tantôt indiens, noirs, colorés ou blancs...mais tous fondamentalement sud-africain. À suivre.

samedi 13 février 2010

Justin et les ethnies

Montréal multiple trouve que Justin Trudeau est un type formidable.

On n'avait rien demandé du tout, et voilà que le député de Papineau nous offre gratuitement son calendrier 2010. C'est généreux. Et en plus, on avait vraiment besoin d'un calendrier.

L'objet est apparu comme par magie dans notre boîte aux lettres. Au début, on a pensé le mettre dans un bac vert. Mais quand on a vu ces photos fabuleuses, on s'est ravisés. Pas seulement à cause de son sourire charismatique, mais aussi parce que l'homme - pas le politicien, bien sûr - s'y révèle extraordinairement sensible à la réalité du Montréal ethnique.

Sérieux: dites-nous que Justin n'est pas ouvert sur le monde.

En février, il est l'ami des Noirs.

En avril, il est l'ami des Chinois.

En août, il s'habille en hindou.

En octobre, il trippe avec les Sikhs.

Personnellemnent, on a un petit faible pour la photo du mois du juin (ci-haut) qui résume à elle seule notre grand rêve d'un Québec pluraliste. C'est bien simple, tout est là: l'amitié avec un grand A, l'échange culturel et surtout, la décontraction...

Formidable, qu'on vous dit.

On l'air sarcastique là, mais détrompez-vous. Montréal Multiple est très, très content d'avoir reçu ce calendrier. On attend déjà celui de 2011...











J.-C.L

Bon nouvel an chinois!

Définitivement, le 14 février est super occupé cet année. Mais rien n'arrivera à la cheville du début de l'année du dragon. Plus de 1,5 milliards de personnes souligneront l'événement. La diaspora chinoise de Montréal n'y manquera pas. Le Quartier chinois du centre-ville sera animé tout le week-end.

Les festivités commencent aujourd'hui, samedi, au Centre de loisirs Lajeunesse dans Villeray Où se tiendra le Festival de la culture chinoise du Grand Montréal. Le centre Pierre-Péladeau présente pour sa part ce soir et demain soir un grand spectacle mettant en vedette des dizaines d'artistes issus de la communauté chinoise.

Je suis certaine qu'il y a des milliers d'autres événements, alors, si vous en voyez d'autres, écrivez-nous! Je sais que mon co-auteur va à un party de nouvel an sino-mauritien (il me promet d'ailleurs d'en faire état ici)

Pour ma part, je vais fêter l'arrivée de l'année du Tigre dans l'avion. Et peut-être un peu en Afrique du sud, qui a une grande communauté chinoise. Bonne année!!!!!


Une heureuse tigresse,

L.-J.P.

mercredi 10 février 2010

L'hiver à la russe à l'Oratoire

Grande cousine nordique, la Russie a une chose en commun avec le Québec: l'hiver. Cependant, il n'est pas tout à fait le même. Puisque Moscou a un climat continental, il y fait froid du début novembre à la fin février et non pas de décembre à la fin mars, comme c'est le cas ici.

Pourquoi je vous parle de cela? Parce que ce weekend, les Montréalais d'origine russe vont dire bye-bye (oui déjà) à l'hiver lors de la Maslenitsa, une vieille fête païenne qui est aussi devenue le mardi-gras chrétien orthodoxe. Le clou de la journée: manger des tonnes de blinis (avec du caviar, du poisson salé, de la crème sûre) jusqu'à plus faim. Le lendemain, le long carême orthodoxe commence.

La fondation canadienne de la culture russe organise dimanche, jour de la Saint-Valentin, une journée d'activités autour de la maslenitsa. Au menu: blinis, musique russe, danse folklorique, foire artisanale et ... vodka (meilleur antidote contre la saison froide).

Pour ne pas trop brusquer leurs cousins frileux d'ici, les Russo-montréalais ont décidé d'organiser le tout à l'intérieur, au Pavillon des pèlerins de l'Oratoire Saint-Joseph à midi (original comme endroit). Les billets (40$ pour les adultes, 20$ pour les enfants) sont en vente à la Petite Russie (un magasin qui vaut le détour situé au 4955 chemin Queen-Mary) ou au magasin Souvenirs russes (5321 boul. Décarie) ou encore sur le site de la Fondation au www.fccrmontreal.org

Je suis bien triste de ne pas y être (j'ai assisté au dernier événement de la Fondation, OGogol, et avais été très impressionnée), mais je serai dans l'avion en route vers l'Afrique du sud, d'où, je vous promets, je vous enverrai quelques nouvelles.

Bonne maslenitsa... je vous reviens demain pour l'autre alternative à la Saint-Valentin: le Nouvel an chinois.

L-J-P

lundi 8 février 2010

Putes, chômeurs et asphalte: il était une fois les peintres juifs de Montréal


Moe Reinblatt, Harry Mayerovitch, Louis Muhlstock… ces noms vous disent quelque chose? Nous non plus. Et pourtant. Ces peintres juifs ont joué un rôle digne de mention dans l’histoire de la peinture québécoise en illustrant le Montréal des années 30 et 40.

Rien de religieux, si l’on en juge par l’exposition Peintres juifs de Montréal : témoins de leur époque 1930-1945, actuellement au Musée McCord. Au contraire. Fascinés par la ville, la faune urbaine, et la vie en temps de crise économique, ces créateurs documentaient les côtés les plus trash de Montréal. Certains peignaient des putes, d’autres des chômeurs où des scènes de bar des années 30. Ils étaient, en ce sens, résolument en avance sur la majorité des peintres canadiens-français, qui en étaient encore à brosser de beaux paysages un peu plates.

En ce qui nous concerne, c’est précisément pourquoi cette expo vaut le détour. Pour ce côté vrai, profondément ethnographique, totalement ancré dans la réalité son époque. Le nightlife montréalais, tel que décrit par Jack Beder dans Scène de Café (1934, notre photo) ou Cabaret (1938); la misère brute selon Luis Muhlstock dans Jos Lavallée mangeant sa soupe (1938) ou les scènes de racolage d’Ernst Neuman dans Billiard ou Fun (1930) nous montrent un Montréal souvent évoqué, mais rarement représenté dans des œuvres d’art. Un Montréal nocturne et marginal, un Montréal d’asphalte, de tramways et de soupes populaires.

« Picturalement parlant, il n’y avait pas un style juif, explique la commissaire de l’expo Esther Trépanier. Ce qui réunit tous ces artistes originaires d’Europe de l’Est, c’est l’humanisme et la sensibilité de l’être humain. Ils avaient choisi de peindre leur milieu de vie, plutôt que leur religion. »

Avec la montée de l’antisémitisme, les sujets évoluent vers une peinture à caractère plus politique, qui va s’exacerber pendant la guerre. Mais déjà, ces artistes appartiennent à une autre époque. Avec l’arrivée des Pellan, Borduas et autres révolutionnaires de l’art québécois (Refus global, 1948) les Muhlstock, Beder et Reinblatt seront rélégués aux oubliettes de la peinture réaliste.

Raison de plus pour aller voir cette expo en forme de réhabilitation, qui nous rappelle que la contribution juive à la vie culturelle montréalaise ne s’arrête pas au bagel, au smoked meat et à Leonard Cohen. Jusqu’au 2 mai.

J.-C. L

dimanche 7 février 2010

Pour un Québec pluraliste

La semaine dernière, un groupe d'intellectuels a lancé Le manifeste du Québec pluraliste en réponse à la soudaine renaissance du débat identitaire, provoquée en partie par le débat qui se déroule en France. Au moment de l'écriture de ce billet, 537 personnes l'avaient déjà signé. La grande majorité d'entre eux sont des universitaires.

Les signataires veulent notamment redonner à l'approche pluraliste ses lettres de noblesse et s'élever contre certains penseurs qui prônent l'imposition au Québec de la laïcité à la française, rappelant que l'État québécois gouverne déjà en appliquant la laïcité. Pour trouver le texte en entier, allez à www.pourunquebecpluraliste.org

Cette initiative nous en rappelle étrangement une autre, une lettre cette fois, lancée en novembre 2007 alors que les travaux de la commission Bouchard-Taylor battaient leur plein. Des centaines d'intellectuels autoqualifiés de "pure laine" avaient signé une lettre semblable, s'opposant aux discours d'intolérance. Plusieurs des mêmes signataires de la lettre d'antan sont aujourd'hui les initiateurs du manifeste.

Quel impact aura ce manifeste? Les semaines qui viendront nous le diront. Si jamais la question vous intéresse, un débat autour de la question aura lieu mardi soir à la Librairie Olivieri dans le quartier Côte-des-Neiges.

On vous laisse deviner l'opinion des deux auteurs de ce blogue sur la dite lettre. Mais disons que les motivations qui nous ont poussé à écrire le guide du Montréal multiple (à paraître très bientôt) et à démarrer ce blogue ressemblent étrangement à celles qui ont mené 537 personnes à signer le manifeste ;-)

Montréal multiple, Montréal pluraliste!

L.-J.P.

mardi 2 février 2010

Belinda, la bombe croate

Belinda Bedekovic', connaissez?

C'est le collègue Philippe Renaud qui nous a mis sur cette piste fumante, après avoir lu un improbable article sur le "keytar", publié hier dans le Guardian.

En ce qui nous concerne, le keytar (ou si vous préférez, la guitare clavier) est le pire instrument musical de tous les temps. Mais là n'est pas la question. La question est: mais bon yenne de bon Yeu, qui est donc cette virtuose vêtue d'un mouchoir, qui fait l'amour à son keytar en direct?

Une petite recherche sur le Net nous apprend que la demoiselle est Croate. Qu'elle a commencé sa carrière comme enfant-vedette et qu'elle vit aujourd'hui de ses danses lascives folklorico-keytaristiques. Selon ce qu'on sait, elle a même joué dans le film Borat, mais en fin de compte, l'extrait aurait été coupé au montage, allez savoir pourquoi.

De toutes façon, une image vaut mille mots. Alors voici un clip. On attend toujours le concert à Montréal...


JCL

dimanche 31 janvier 2010

Au 911, on est prêt pour la Coupe du monde

C’était écrit dans les astres. La meilleure équipe de la Coupe d’Afrique 2010 ne pouvait pas échapper la finale. L’Égypte l’a donc emporté 1-0 dimanche contre le Ghana, dans un match qui sentait bon le poisson frit et la coupe du Monde.

Au café 911 de la rue Jean-Talon, quartier général de la communauté ghanéenne dans Parc-Extension, la déception était palpable, mais pas tragique.

« C’est déjà étonnant qu’on se soit rendus jusque-là, souligne Kingsley Kwateng, patron de la boutique Mama Africa située juste au dessous du 911. Les meilleurs joueurs du Ghana sont blessés. On a fait jouer notre équipe B pendant tout le tournoi. Alors les attentes n’étaient pas si élevées. »

« Disons que c’était une victoire dans la défaite », résume Johnson Opoku, soudeur d’abribus et grand fan de foot (notre photo). Les gars ont fait du bon boulot malgré les circonstances. »

L’Égypte en était à sa troisième coupe d’Afrique consécutive, sa septième au total. Le Ghana, ancienne puissance du foot africain (on les appelle encore les Brésiliens de l’Afrique), plafonne à quatre titres depuis sa dernière victoire en 1992.

La bonne nouvelle, c’est que cette « équipe B », composée de juniors d’à peine 20 ans, annonce des choses intéressantes pour l’avenir. L’été prochain pour le Mondial, les stars du club (Stephen Apia, Michael Esian et Suley Muntery) seront de retour et le Ghana pourrait surprendre avec cet alignement regénéré, fait de vedettes et de novices.

« Si on passe le premier tour, tout est permis, ajoute Johnson. On est dans le même groupe que l’Allemagne, la Serbie et l’Australie. C’est jouable. »

Au risque de se répéter, la Coupe du monde 2010 se tiendra en Afrique du Sud. Une grande première pour l’Afrique, qui n’a même jamais accueilli les Jeux olympiques. La pression sera plus grande que jamais sur les équipes africaines, qui suscitent de grands espoirs à l’échelle du continent noir.

« Si ce n’est pas le Ghana, ce sera l’Égypte. Et si ce n’est pas l’Égypte, ce sera l’Algérie. Et si ce n’est pas l’Algérie, ce sera la Côte d’Ivoire », prédit Eduardo, un Angolais venu écouter le match au 911 avec ses potes Ghanéens.

Chose certaine, c’est au même endroit que ça se passera en juillet.

Le 911 ne paie pas de mine. On dirait une cafétaria sans décoration. Il y a des fils qui pendent du plafond. Et la réception de la tv satellite est loin d'être géniale. Mais c’est le cœur du Montréal ghanéen. La bière n’est pas chère et il y a même de la bouffe africaine pendant les événements spéciaux.

Vers la fin du match, Amina la traiteuse est arrivée avec ses plats chauds, son foulard et son beau boubou folklorique. C’est elle qui avait tout cuisiné. Son poisson grillé goûtait bon, malgré les arrêtes grosses comme des cure-dents espagnols. La Heineken aidait à faire passer la sauce piquante. Une bonne pause au chaud avant de ressortir dans le frette montréalais.

Go Ghana Go!

J.-C.L

Gnaoua Montreal

Le dernier post de Jean-Christophe sur la soirée vaudou m'a inspiré en quelque sorte ma sortie d'hier soir, non pas à Repentigny, mais au Divan Orange sur la Main. Le lien? On y présentait une soirée gnaoua, une musique de transe pratiquée par une confrérie de descendants d'esclaves depuis des centaines d'années.

En fait, c'est assez difficile à expliquer et puisque j'avais déjà fait l'exercice pour le livre (chez un bon libraire près de chez vous le 20 avril), en voici un petit extrait:

"Comme le jazz, cette musique est née de l’adversité qu’ont vécue des esclaves africains après leur déracinement de leur Afrique subsaharienne natale. Organisés en confrérie, leurs descendants qui vivent dans le nord de l’Afrique et qui sont passés maîtres de la musique que leur ont enseignée leurs aïeuls sont aujourd’hui ceux qui portent le nom de Gnaoua. Armés du guembri (un luth-tambour), le qraqeb (des crotales) et de ganga (tambours), les Gnaoua invoquent les esprits à qui ils confient peurs et espoirs. En résulte une musique, rythmée et hypnotisante, utilisée pour induire une transe aux fidèles des Gnaoua".

Depuis quelques 15 ans, le gnaoua vit une grande renaissance, grâce notamment au festival gnaoua d'Essaouira au Maroc à la fin juin.

Alors que la communauté maghrébone grandit à vue d'oeil à Montréal, le gnaoua (qu'on peut aussi écrire gnawa ou gaada chez les Algériens) a maintenant ses adeptes ici aussi. Parmi eux, Nazir Bouchareb (dont vous trouverez le site web ici) est l'un des plus actifs.

Hier, il avait réuni au Divan orange trois groupes de ganoua et un groupe de flamenco. L'endroit étant petit, l'atmosphère était impeccable pour une soirée gnaoua et les musiciens étaient en grande forme. Une chouette intro au genre et ce, même si l'euphorie que peut causer ce genre de musique ne s'est pas matérialisé pour nous hier soir.

Les Bobards présentent aussi à l'occasion des concerts de gnaoua et le Festival du monde arabe ne manque jamais d'inviter des virtuoses chaque année. On sent que bientôt, les occasions de se frotter à cet art du désert vont se multiplier.


mardi 26 janvier 2010

Vaudou night à Repentigny

Elle nous a dit « venez vers 20h, ce sera très bien. »

On l’a prise au mot, pour être bien sûrs de ne pas arriver en plein milieu de la cérémonie. Mais on aurait bien dû savoir que dans ce genre de truc, les choses ne sont pas réglées comme une horloge. De fait, il n’y avait pas un chat quand on s’est pointés. Le grand salon de Nirva était vide, sauf pour ce drôle d’homme à chapeau noir, qui était assis dans un coin, près du feu.

Pendant presque deux heures, il ne s’est strictement rien passé. On s’est posés sur une chaise en plastique, en essayant de piger le sens des symboles ésotériques qui avaient été dessinés à la craie sur le tapis. Sur celui de l’entrée, on avait déposé un poignard. Les autres étaient disposés autour d’une grosse colonne, vissée en plein milieu de la pièce. Nirva nous a offert du café dans un verre en styromousse, avant de retourner à ses préparatifs. On est allés fumer sur le perron en attendant que le ciel s’ouvre.

Finalement, les gens ont commencé à débarquer. D’abord deux. Puis cinq. Puis dix. Des gens de 40 ans. Mais aussi des jeunes avec des look hip hop. Ils ont tous pris une place autour de la colonne. Un grand type habillé à l’africaine a commencé à parler fort, avec une voix capable de réveiller les morts. Il me faisait penser au méchant dans Live and Die, le film de James Bond qui se passe dans les milieux du vaudou. Sauf qu’on n’était pas en Haïti, mais à Repentigny, dans un bungalow anonyme.

C’était samedi soir, loin des projecteurs et des concerts-bénéfices. Une cinquantaine de vaudouisants de Montréal s’étaient donnés rendez-vous chez Nirva, prêtresse (ou si vous préférez, « mambo ») du Temple des mystères vaudou, pour rendre un dernier hommage aux disparus du tremblement de terre. Nirva m’avait prévenu que ce ne serait pas une cérémonie habituelle, mais une veillée funèbre, plus informelle. « L’idée, c’est qu’on se retrouve entre nous et qu’on le fasse à notre manière. »

Avec la catastrophe qui a secoué Haïit, les vaudouisants en prennent pour leur rhume. Un pasteur américain les accusés d’être à l’origine du désastre. Et beaucoup d’Haïtiens sont d’accord avec lui. Pendant les deux dernières semaines, Nirva a reçu des téléphones agressifs. Sa belle-sœur l’a appelée des Etats-Unis pour l’insulter. Beaucoup de ses amis vaudouisants ont senti qu’on les regardait bizarre. Alors Nirva et ses amis ont senti le besoin de se réunir. Pour dire adieu à leur façon. Et pour réaffirmer cette culture profondément haïtienne qu’est le vaudou. Une culture venue d’Afrique et du fond des âges.

Le feu était devenu des braises quand la cérémonie a commencé. Tout le monde s’est levé. Nirva a invoqué les « guédés » Baron la Croix et Grande Brigitte, les deux chefs des esprits des morts. Le type au chapeau a demandé à tout le monde de se tenir par la main. Tous les bras se sont levés vers le ciel. Une chaîne humaine s’est formée autour de la colonne et entre deux incantations, chacun y allait d’un Ayi bobo bien senti, ce qui veut dire « halleluiah » en jargon vaudou. Ensuite on s’est mis à genou, en prenant bien soin de mettre deux doigts sur le sol. Ensuite on s’est relevés. Et là, une fois que chacun a eu récupéré sa main, les gens ont commencé à se donner l’accolade et à embrasser la colonne en murmurant des trucs en créole. Comme me l’expliquera plus tard l’homme au chapeau, cette colonne se nomme le poteau du mitan du temps et du temple. C’est lui qui fait le lien entre le cosmos et la terre. Connecter avec le poteau, c’est connecter avec les « loas » (les esprits) qui nous guident.

Évidemment, c’était très dépaysant. Et j’avoue que je n’ai pensé une seule seconde au match Canadiens-Rangers qui avait lieu le même soir. Une fois rassis sur nos chaises en plastique, on est passés à l’heure des témoignages. Certains ont parlé en français, d’autres en créole. Certains pour partager la perte d’un proche, d’autres pour revendiquer leurs valeurs vaudouisantes. Un type au look gangsta rap a fait un plaidoyer pour les orphelins d’Haïti. Il a dit que si on voulait adopter, il pouvait nous arranger ça. Le plus bizarre c’est que pendant tout ce temps, les téléphones cellulaires n’arrêtaient pas de sonner. A côté de nous, un type envoyait même des textos explicites à sa copine. J’entends encore le bip bip de son clavier, mais apparemment, il n’y avait que moi pour s’en étonner.

Nirva a fini par « câller ça off ». Elle a sorti les bouteilles de rhum et le party s'est mis à lever. Deux dames en on profité pour se réconcilier d’une querelle qui avait déjà trop duré. Nirva m’explique que ce genre de veillée sert aussi à effacer les vieux contentieux. On les envoie au royaume des morts, avec tout le reste.
Une femme a commencé à chanter en créole. C’était du chant traditionnel racine. Un truc que vous n’entendrez jamais à l’église... Un jeune la suivait avec des percussions pendant que les autres socialisaient. King Coco (le type sorti d’un James Bond) a commencé à asperger le sol avec de l’eau au basilic, comme pour symboliser le fleuve que doivent traverser les morts. Le mec aux textos dansait derrière lui avec une chandelle dans les mains.

On serait bien restés plus longtemps mais bon, il y avait la gardienne... Amalik, l’homme au chapeau, nous a salué gentiment. Ralph, le fils de Nirva, nous a serrés la main. Et King Coco m’a laissé son adresse courriel.
On est sortis aussi simplement qu’on est entrés, avec l’étrange impression d’avoir passé la soirée dans un autre monde. En fait, c’en était un. Pas Haïti. Repentigny. Mais un Repentigny sorti de l’espace et du temps.. Du perron de Nirva, j’ai regardé les maisons en rangée. Et je me suis demandé si ses voisins étaient au courant…

mercredi 20 janvier 2010

Vivement un concours de pouding turc!


Oui, être blogueur sur montrealmultiple.com vient avec son lot d'événements hors du commun!
Qui, parmi vous, peut se vanter d'avoir été juge à un concours de pouding turc dans une école de Montréal-Nord? Allez, allez, levez la main!!! ;-)
Je ne vous ai pas vu à l'école Sogut dimanche après-midi, mais il y avait treize cuisinières aguerris, leurs enfants (très mignons), deux policiers du SPVM et deux monsieurs qui représentaient la mosquée turque et un des organismes culturels turcs de Montréal. L'événement était organisé par la Fondation du dialogue, liée au penseur musulman Fetullah Gulen, qui fait de plus en plus d'adeptes à travers le monde.

C'est quoi ce pouding? Une spécialité du mois d'achoura pour les Turcs musulmans m'a-t-on expliqué. En mémoire du petit-fils de Mahomet, Ali, on prépare donc le pouding de Noé. On y met du blé, des pois chiches, des fruits, de la pomme-grenade, de la cardamome... Parfois, il est salé, parfois il est sucré (on vote pour le deuxième...)

Dimanche donc, les mamans montréalaises d'origine turque s'étaient données beaucoup de mal pour faire de jolis poudings, décorés avec beaucoup d'imagination. Tantôt d'un drapeau turc en graines de pomme-grenade et en sucre. Tantôt de pelures d'oranges transformées en fleur.

Penadant une bonne heure, le sérieux panel auquel j'appartenais a goûté les concoctions de chacune et a accordé des notes. Les trois gagnantes ont reçu un cadeau, des fleurs et surtout, des accolades de leurs fiers enfants.

Vous auriez aimé être là? Bonne nouvelle, il n'est pas trop tard pour goûter au pouding de Noé. La Fondation du dialogue distribuera le dessert dans divers lieux publics au cours des prochaines semaines. Gardez l'oeil ouvert ;-)

mardi 19 janvier 2010

Une soirée libanaise à la Kaza Maza


L'endroit n0us avait été recommandé chaudement, mais on ne s'attendait pas pour autant à avoir un tel coup de coeur pour la Kaza Maza!

Ce petit café-resto libanais, ouvert récemment, est situé au beau milieu du Mile-End et a déjà toute une marée d'adepte. Plus de 500 fans sur Facebook.

Nous comprenons maintenant pourquoi: l'accueil est plus que cordial et les mezze qui y sont servis sont tous meilleurs les uns que les autres.

Goûté pour vous (c'est super de vous mettre ça sur le dos): le mouhammara maison (une concoction de noix et de mélasse de grenade) était bien relevé, le mutabal aux betteraves (betteraves, tahini, citron, etc) était surprenant, la saucisse grillée- soujok- n'avait rien de sec et le poulet épicé à l'ail avait été longuement mariné. Pas besoin de dire qu'il ne restait plus de place pour le dessert.

Pour faire passer le tout, on s'est joint le temps d'une chanson au karaoke (le café offre plusieurs soirs par semaine des spectacles ou des événements spéciaux). Tous ceux qui nous ont précédé ont chanté en arabe, mais ils ont accueilli avec enthousiasme notre Vie en rose d'Édith Piaf. D'ailleurs, en partant, après avoir jasé à nouveau avec le sympathique propriétaire, nous étions pas mal convaincus que la vie est belle et bien rose. Ou vert liban. On reviendra!

Kaza Maza
4629 avenue du Parc
514 844-6292

L.-J.P.


lundi 18 janvier 2010

Haïti my darling

Entendu hier soir sur CPAM 1610 AM, la radio haïtienne de Montréal: Haïti, de Joel Theodore. Coup de coeur pour cette ballade rétro à l'ambiance envoûtante, où le chanteur crie son amour pour la Perle des Antilles. On a retrouvé le clip sur Youtube et on le partage avec vous. Et si quelqu'un en sait plus sur ce Joel Théodore, faites-nous savoir, on est curieux.
JCL

dimanche 17 janvier 2010

Lambi pour Haïti

Avant le téléthon et le spectacle du théâtre Télus, le club Lambi s'animera ce soir (dimanche, 17 janvier) pour amasser des fonds pour les sinistrés d'Haïti. L'événement, organisé par Pop Montréal, a déjà un bien beau line up. L'artiste hip-hop haïtien Vox Sambou du groupe Nomadic Massive sera du compte. Militant de la première heure pour la justice sociale dans son pays d'origine, le rappeur a perdu plus d'une dizaine de ses proches dans le tremblement de terre de mardi. Il leur rend hommage en montant sur scène ce soir.

Pour plus de détails, cliquez ici

Club Lambi, dimanche 17 janvier, 20h
4465 boul. Saint-Laurent
prix: de 10$ à 20$

L.-J.P.

vendredi 15 janvier 2010

"On ne voulait pas regarder ça à la télé"

Ça c'est cool.
Les Haïtiens qui voulaient faire un spectacle-bénéfice le 21 janvier au théâtre Telus ont décidé d'aller de l'avant.
Et tant pis si TVA leur a piqué Luck Mervil!
Lisez notre article sur Cyberpresse.

TVA rafle Luck, les Haïtiens dépossédés

Québécor a décidé de s'en mêler. On ne peut pas être contre la vertu, sauf que le téléthon que TVA veut diffuser le 22 janvier prochain pour Haïti ne fait pas l'affaire de tout le monde. Les jeunes Haïtiens de Montréal qui souhaitaient organiser un spectacle-bénéfice le 21 au Théâtre Telus se sentent dépossédés de leur initiative. D'autant que Luck Mervil, leur figure de proue, a décidé de rejoindre le gros bateau mainstream de TVA. Lisez notre article de ce matin dans La Presse.

JCL

mercredi 13 janvier 2010

Flippant

"Il n'y a pas un Haïtien à Montréal qui n'a pas de famille en Haïti. Cette histoire-là touche tout le monde" nous disait aujourd'hui l'actrice haïtienne Fabienne Colas.
Tout le monde et pas juste les Haïtiens. Montréal Multiple flippe complètement sur cette nouvelle plaie d'Égypte qui s'abat sur la Perle des Antilles. Quand Mildrid aura retrouvé son père. Quand Woods aura eu des nouvelles de ses oncles et ses tantes. Quand Wesley saura si sa cousine et ses cinq enfants sont vivants (ils sont ensevelis sous le béton de leur maison, la dernière de la rue, la dernière qui sera "sauvée"), ce sera déjà ça.
Mais après?
Ronnie, Carla, Fab, Mildrid, Woods, Wesley, Maguy, Frantz, Wilfort: Montréal Multiple est avec vous et espère avec vous. Ciao.

JCL

Flippant...

lundi 11 janvier 2010

Un air de vacances

Montréal multiple revient du Mexique avec un sapré beau trésor.

Ce n'est pas exactement montréalais, mais comme on aime bien partager nos coups de coeur, on s'est dit "pourquoi pas?" Et puis bon, ça nous sortira un peu du badtrip Lhasa, qui aurait sans doute apprécié, anyway....

Voici donc, en grande primeur, le résultat de notre pêche miraculeuse, soit huit albums de groupes mexicains des années 70, trouvés parmi 800 autres, dans le backstore d'un vieux vendeur de gougounes de Valladolid, au Yucatan. Pour votre info, la plupart de ces artistes n'ont connu que des succès mineurs, à l'exception des Socios del Ritmo, un excellent combo tropical à gogo et surtout Rigo Tovar, le "Pag" mexicain, mort aveugle et richissime, dans des circonstances controversées. On se permet de mettre l'arrière de sa pochette, parce qu'on aime particulièrement ses musiciens, qui ont tous l'air de bouncers hawaiiens.

Alors voilà. Du grand psychotronique, comme on l'aime. Juste comme ça, pour oublier janvier. Faites-vous plaisir...





















Un dernier Lion d'or pour Lhasa


Bïa, Frédéric Gary Comeau, Luc de la Rochelière, Dorianne (de feu Dobacaracol), Jérôme Minière, Lousnak: hier, avec une dizaine d'autres artistes, ils sont tous montés sur scène pour rendre un dernier hommage musical à la chanteuse Lhasa de Sela, emportée par le cancer le 1er jour de l'an. Pour l'occasion, l'organisatrice de l'événement, Lousnak, avait choisi le Lion d'or, salle de spectacle qu'adorait son amie. L'événement, empreint d'émotions et de respect, permettait de mesurer la portée de la disparition de l'artiste américano-mexicaine dans la grande communauté musicale montréalaise.

L.-J.P.

vendredi 8 janvier 2010

L'homme de la Coupe du Monde


Disons le tout de suite: il vit à Toronto, pas à Montréal, mais ça ne nous empêche pas de penser que K'naan a sa place sur ce blogue. Le rappeur d'origine somalienne est venu au Canada pour fuir la guerre civile somalienne. Mais il a l'Afrique tatoué sur le coeur. Sa chanson, Wavin' Flag, une pièce autobiographique, vient tout juste d'être choisie par Coca-Cola comme chant de ralliement de la Coupe du Monde, qui se tiendra du 11 juin au 11 juillet. Les paroles? «When I'll be older, I will be stronger, They'll Call me Freedom, Just like a Wavin' Flag».
Il est possible de la télécharger gratuitement la chanson sur le site officiel de K'naan. Vous ne le regretterez pas: c'est de la coke pour le coeur et les oreilles!

L.-J.P.

jeudi 7 janvier 2010

Le soleil perse brillera au Gésu

Il n'y a pas que des mauvaises nouvelles qui émanent de l'Iran. Malgré la répression gouvernementale, les Iraniens continuent de faire entendre leur voix et... leur musique. Pour en attraper des bribes, rendez-vous au Gésu dimanche soir pour le concert Une fenêtre au soleil. Hamid Motebassem et Pejman Hadadi, deux membres de l'ensemble dantan, une des formations musicales classiques les plus réputées de l'Iran, y monteront sur scène avec le musicien azéri Imamyar Hasanov. Pour un aperçu des mélodies qui seront à l'honneur dimanche soir, rendez-vous sur le site du Dastan Ensemble.
Cependant, il vaut la peine de noter que le Montréal multiple recèle aussi de grands musiciens perses. Le travail des frères Tabassian, de l'ensemble Constantinople, est reconnu à travers la planète. Saeed Kamjoo, virtuose du kemancheh, une vièle e à pique, a enregistré plusieurs albums et donnent des concerts à travers les Amériques.

Une fenêtre au soleil
Dimanche, 10 janvier
Théâtre du Gésu, 19h30
Renseignements: 514-861-4036

mercredi 6 janvier 2010

La lumière de Lhasa


Difficile d'expliquer pourquoi on n'a pas écrit ceci plus tôt, mais il est impossible de passer sous silence la disparition, le premier de l'an, de l'artiste Lhasa de Sela. La pudeur, peut-être et la tristesse.
Chanteuse à la voix magique, artiste jusqu'au bout des cheveux, celle qui portait si fièrement le nom d'une ville au destin tragique était et demeurera un phare dans le Montréal multiple que nous aimons. Celui qui alterne sans complexes entre l'espagnol, l'anglais et le français pour trouver les mots justes, les émotions les plus vraies. Celui qui se réinvente et n'a pas peur des métissages. Celui qui jette tous les jours plus de lumière sur la ville, parfois grisâtre, que nous habitons.

L.-J.P.

mardi 5 janvier 2010

Manger terroir à bon prix

Commencer la nouvelle année en parlant de bouffe tire sur le masochisme, mais il y a des événements qui sont trop alléchants pour les garder sous silence. Pour une troisième année, prenant exemple sur New York, des restaurants du Vieux Montréal organisent un «happening gastronomique» pour Montréalais fauchés.

L'idée: offrir des tables d'hôte à presque moitié prix. Le rapport avec le Montréal multiple? Le Happening, qui aura lieu du 11 au 31 janvier, est l'occasion notamment de tester la cuisine repensée du terroir québécois sans casser sa tirelire (en essayant notamment le resto Aix, cuisine du terroir). Pour les deux auteurs de ce blogue, cette cuisine fait autant partie de la diversité montréalaise que la soupe phô et le poulet tikka.

Pour en savoir plus sur le Happening

mercredi 23 décembre 2009

Joyeuses Fêtes multiples

Puisque les artisans de ce blogue célèbrent tour à tour Hannukah (11 décembre), le Yule païen(22 décembre), le Noël catholique (25 décembre), le Nouvel an du calendrier solaire (1er janvier), le Noël arménien (6 janvier), le Noël orthodoxe (7 janvier), le Stari Novi God (Nouvel an russe) en plus de leurs deux anniversaires (2 et 6 janvier), le blogue du Montréal multiple va faire relâche jusqu'au 4 janvier... à moins de faire une découverte incroyable pendant nos pérégrinations festoyantes. Vous vous demandiez pourquoi on dit Joyeuses Fêtes au pluriel, maintenant, vous le savez ;-)

dimanche 20 décembre 2009

Qu'est-ce kompa faire?

C'était en train de devenir un must. Mais le mauvais temps et les mauvaises décisions d'affaires semblent en avoir  décidé autrement. Le Festival de musique haïtienne reviendra-t-il au Parc Jean-Drapeau? Sinon, quoi ou qui le remplacera en juillet prochain? Lisez notre nouvelle parue dans La Presse en cliquant ici.

JCL

mercredi 16 décembre 2009

Tuques sénégalaises


Vous avez bes0in d'une tuque en ce premier jour de grand froid et d'une paire de mitaines? Bara se fera un plaisir de vous en vendre, faits au Népal en chemin vers le métro Place-des-Arts. Le grand Montréalais, qui semble à peu près connaître tout le monde, met sur pied son kiosque chaque année. Vous voulez combattre le froid par le chaud? Il vend aussi des lunettes soleil et des cornes décoratives sénégalaises. Et, selon ce que nous avons observer, il aime négocier.

L.-J.P.

mardi 15 décembre 2009

Écoles, subventions et ségrégation

Le débat sur les écoles confessionnelles est loin d'être terminé au Québec et plus particulièrement à Montréal où plusieurs groupes religieux opèrent des écoles privées où les enfants qui n'appartiennent pas à leur giron spirituel ne sont pas les bienvenus. Voici en lien une chronique de notre collègues Rima Elkouri qui met en contexte la récente décision de la ministre de l'Éducation qui a décidé de réduire les subventions accordées à certaines de ces écoles.

À lire ici

dimanche 13 décembre 2009

Chasser l'hiver au hammam

La fin de l'année approche. Hier, il m'a pris une irrépréssible envie de me nettoyer de tout ce que 2009 a laissé sur moi. M'étant aventurée à quelques reprises dans les hammams de Turquie et du Moyen-Orient et y ayant vu mon bronzage (et la poussière des grandes routes et des auberges bon marché) y disparaître sous le gant de crin, je me suis dit qu'il pourrait être intéressant de faire la même chose dans ma cour.
J'avais lu quelques articles sur le studio Beauté du monde du centre-ville de Montréal. La propriétaire, une Française d'origine algérienne, y a recréé un hammam traditionnel avec le grand bain vapeur et les banquettes en céramique sur lesquelles on vous arrache une quantité toujours surprenante (et parfois un peu humiliante) de peaux mortes.
L'entrée du spa est tout ce qu'il y a de plus maghrébin chic avec ses rideaux diaphanes roses et oranges et ses décorations de bois. Le bain est aussi fort réussi quoique petit. Mais bon, le centre-ville de Montréal n'est pas la médina d'Alger.
J'ai choisi comme soin le rituel du hammam. Pour commencer la session, on m'a envoyé suer mes toxines dans la bain à vapeur et on m'a demandé d'appliquer une fine couche de savon noir à l'eucalyptus. Après 20 minutes de cuisson, on m'a demandé de m'installer dans la salle la moins chaude du hammam pour la célèbre session de frottage. Le tout a été suivi d'un enveloppement au rassoul (pendant lequel des hommes sont entrès à l'intérieur du hammam - du jamais vu au Moyen-Orient, mais possible le samedi à Montréal). Le soin de deux heures s'est terminé dans une salle de repos. On m'y a massé avec de l'huile parfumée à l'ambre et au miel avant de me donner un thé à la menthe.
Le tout m'a coûté 150$, taxes et pourboire inclus.
Un soin du même genre à Marrakech dans un hammam de luxe destiné aux touristes aurait coûté entre 30$ et 50$.

Aimé: l'ensemble de l'expérience flirte avec l'authenticité. Il manque cependant les groupes de femmes qui rient à gorge déployée en jasant. De plus, on nous demande d'apporter un maillot de bain. Les hammams traditionnels sont des lieux de nudité sans complexes. Mais c'est certain qu'aucun homme ne se pointe dans la section des femmes...

Beaucoup moins aimé: le service assez médiocre considérant le prix de l'expérience. Le tout pourrait être enrobé de petites attentions. La jeune femme qui m'a donné mes traitements semblait être très pressée d'en finir avec moi pour aller bavarder avec ses collègues.

Studio Beauté du monde
1455 rue Drummond suite 2B
(514) 841-1210
Métro: Peel

L.-J.P.



mercredi 9 décembre 2009

Les dernières statistiques

Les dernières données sur la démographie du Québec viennent tout juste d'être publiées. Ce qu'on y apprend? Le Québec a connu en 2008 sa plus grande croissance démographique depuis 1990 et cette dernière est due en grande partie à la migration. Un peu plus de 45 000 personnes en provenance de l'étranger ont planté leur tente au Québec l'an passé, soit à peu près le même nombre qu'en 2007 et un peu plus que les dix années précédentes. En comparaison, nos voisins ontariens, grands champions nationaux de l'immigration, ont accueilli deux fois plus de nouveaux arrivants (110 900) en 2008.

D'où viennent les nouveaux Québécois (et en grande, grande partie nouveaux Montréalais)? 30% de l'Afrique, 28% de l'Asie, 23% des Amériques et 19% de l'Europe. L'Algérie est le premier pays de provenance (8,1% de l'immigration), suivie par la France (8,0%), le Maroc (7,9%), la Chine (6,2%), et la Colombie (5,7%).

Pour plus de détails, vous pouvez consulter ici Le bilan démographique du Québec sur le site de l'Institut de la statistique du Québec.

Vous pouvez aussi lire les articles de notre collègue Louise Leduc sur cyberpresse

L.-J.P.

Montrez vos racines

Si vous vous intéressez à ce blogue, il y a fort à parier que la question de l'identité vous intéresse aussi. Radio-Canada International vous propose de vous exprimer sur le sujet en mode multimédia dans le cadre d'un concours.

Pour les détails

vendredi 4 décembre 2009

Soyons "people", soyons Roumains!

Le saviez-vous, vous, que l’actrice et chanteuse roumaine Aliona Munteanu vivait à Montréal? Qui?! Non?!! Eh bien vous le savez maintenant...
Si on vous en parle, c'est pas pour faire "people", mais parce que le film Currency Exchange, dans lequel elle joue le rôle d'une prostituée, sera projeté à Montréal ce soir, dans le cadre du Festival du cinéma roumain. Tiens, voici un petit extrait.

Évidemment, c'est en roumain, mais pas de panique, il sera sous-titré pour la projection. Tout comme la dizaine d'autres films qui seront présentés pendant ce petit événement tenu à l'ONF.
Pour votre information. Le festival du cinéma roumain est un "one shot deal" chapeauté par l'EUROfEST, une organisation montréalaise dédiée à la culture d'Europe de l'Est. Cette année, le but était de célébrer les 20 ans de la mort du dictateur Nicolae Ceaucescu et de la chute du mur de Berlin. 
Entécas. Pour faire vite, voici une autre suggestion: Maria Mirabela, conte féérique de 1981 mettant en vedette la craquante Medeea Marinescu (Je vous trouve très beau) qui n'avait que 5 ans à l'époque. Ce long métrage culte est présenté samedi soir. 
Enfin, si vous voulez en savoir plus sur l'événement en général, cliquez ici. Vous aurez toutes les infos.
Ah oui! on allait oublier: Mesdemoiselles Muntenau et Marinescu seront toutes deux présentes aux projections. C'est pas pour faire "people", mais bon...

vendredi 27 novembre 2009

Avant Mumbai, le West Island...




JoSH, le groupe banghra pop de Brossard le plus connu en Inde et au Pakistan, donne un concert ce soir au chic Karma, à Pierrefonds. Depuis qu'ils sont devenus des vedettes, le duo vit à Toronto. On les voit beaucoup moins. Profitez-en avant que Mumbai leur remette le grappin dessus! Surtout qu'ils doivent sortir un nouvel album au printemps.
Ah! On allait oublier: Rupinder Magon, le Sikh du groupe, est aussi celui qui orne la couverture du Guide Montréal Multiple, qui doit paraître au printemps. Même s'il habite dans la Ville-Reine, Rup promet qu'il est resté un ardent fan du CH!

Infos sur JoSH: www.planetjosh.com
Infos pour ce soir: www.facebook.com/event.php?eid=167329846641&ref=ts

- J.-C.L.

Nairobi sur la Main

Celui-là, on ne l'avait pas vu venir. En fait, on ne l'avait pas vu du tout. Et c'est bien par hasard qu'on est tombés sur ce mini resto/bistro/Wi-Fi africain, qui a ouvert début août dans un ancien bureau de change, à l'angle de St-Laurent et Ste-Catherine.

Kawa est géré par des Kényans. Pour l'instant, on y sert surtout des chapatis, des pakoras et du café du Kenya. Mais en décembre, avec l'ouverture d'une vraie cuisine, le menu va s'élargir. Comme la cook est Rwandaise, on nous promet quelques spécialités de la région des Grands Lacs, dont les "nyama chomas", grillades africaines servies avec des bananes salées. C'est une bonne nouvelle ça, parce que des raestaurants d'Afrique de l'Est, y en a pas des tonnes à Montréal...

Pour votre info, Kawa appartient à l'association huza.org, une initiative rwandaise de Montréal. À l'arrière du resto, Huza souhaite ouvrir une Maison de la culture africaine à Montréal, où il y aurait des soirées, des assemblées, des conférences. Ils attendent toujours leur permis d'alcool.
Avis aux intéressés: l'asso organise aussi un concours de beauté africain, le 29 décembre prochain à La Tulipe, dont le but est de ramasser des sous pour les centres de femmes au Rwanda et au Burundi. Intriguant. Le concours s'appelle Umwamikazi, ce qui veut dire Reine en kinyarwanda. Anyway, si vous voulez en savoir plus, cliquez ici.

Pour le resto, on va tester et on vous en reparle.
En passant, ça se situe au 1415 St-Laurent. Et le numéro est le 514-285-0660

J.-C.L

jeudi 26 novembre 2009

Bazar tibétain


Vous avez une envie irrépressible de boire un thé au beurre? Demain et samedi, vous pourrez faire le plein de momos et de colliers de turquoise du bazar tibétain annuel. Cette année, il se tient à l'Église Santa Cruz, située au 60 Rachel Ouest (coin Saint-Urbain).
Ce bazar rappelle que malgré sa petite taille (100 personnes), la communauté tibétaine est incroyablement active à Montréal. Le fait que la dalaï-lama a beaucoup d'amis en ville n'est pas étranger à l'effervescence tibéto-montréalaise. Tant mieux!

Horaire du bazar:
Vendredi: 16 h à 21h
Samedi: 10h30 à 17h

L.-J.P.

mercredi 25 novembre 2009

Théâtre, vodka et consulat

Qu'ont en commun Gogol et les cornichons salés? La réponse sera mise en scène ce week-end à la résidence du Consul de Russie par la Fondation canadienne de la culture russe. Une collaboration entre la chef Larissa Shabilinsky du restaurant La petite Russie, des musiciens et des acteurs sont au coeur du concept de OGogol, baptisé par ses créateurs «performance gourmande». Ça promet. On vous en reparle.

Pour plus de détails:
http://www.kapostroff.com/ogogol.html

L.-J.P.
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