lundi 14 octobre 2013

Charte des valeurs de Kahnawake

Tout le monde s'est prononcé sur la charte des valeurs québécoises. Mais personne n'a demandé au vrai peuple fondateur du Québec ce qu'il pensait de ce projet de loi initié par le PQ.

Les productions Paul+Popo sont allées sur la réserve mohawk de Kahnawake, pour tâter le pouls des premières Nations. Les réponses sont variées. Et assez claires merci. Leur vidéo.

samedi 28 septembre 2013

Dans le sillon de la charte

Aperçu sur les murs de Parc Extension...

vendredi 9 novembre 2012

La Perse, Rumi et le tanbur

Si vous avez déjà lu ce blogue dans le passé, vous savez que nous avons un petit faible pour l'Iran. En fait, un gros faible. Et si vous n'avez pas encore été piqué par le moustique de la persophilie, nous vous conseillons très, très fortement de venir au concert du groupe Constantinople ce soir au Musée des Beaux-arts de Montréal.

Les frères Tabassian, tous deux virtuoses, recevront des musiciens d'exception pour une soirée de poésie de Rumi, de chant perse, de sétar, de tanbur et bien plus encore. Pour les détails.

Le gouvernement canadien a bien failli gâcher la sauce en refusant un visa à la chanteuse qui devait monter sur scène, mais la talentueuse Fariba Davoodi prendra le relais.

Le concert a lieu ce soir à 20h au Musée des Beaux-arts de Montréal.


mercredi 12 septembre 2012

Pour l'amour de l'Inde

Il y a des gens qui se prennent de passion pour un pays. Pendant un an, deux, ils ne pensent et ne vivent qu'au rythme de ce pays, mais presque immanquablement, ils finissent pas se lasser et passent au prochain appel. Ce n'est pas le cas de Caroline Tabah. D'aussi longtemps que le Montréal multiple peut se rappeler, Mme Tabah est une mordue de l'Inde. Avant même d'y mettre les pieds, elle a organisé un festival de cinéma et des soirées de danse bollywoodiennes. Quand elle est débarquée dans le pays de Gandhi, elle avait déjà vécu une longue histoire d'amour avec le pays à longue distance. Depuis, elle a passé pas mal de temps dans le pays de sa passion et y a flirté avec la musique, tout autant qu'avec le cinéma. Elle en a ramené un projet de documentaire, Taal, le rythme de la vie. Elle veut explorer la relation entre un virtuose montréalais du tabla et son maître indien. Dans son petit trailer, on apprend notamment qu'il y a un orchestre de tabla à Montréal....
Pour finir ce projet, Mme Tabah s'est tournée vers indiegogo... et a à peine 20 jours pour amasser plus de 15 000$. Pour en savoir plus sur son projet: http://igg.me/p/209610
On lui souhaite de réaliser son projet, qui marie si bien Montréal et l'Inde.


mercredi 6 juin 2012

Kebab à la turque

On a un petit faible pour le Montréal turc ces temps-ci. Et pour cause: les événements se multiplient.

Le mois dernier, le cinéma du Parc a abrité le festival de la culture et du film turc. Le film que nous y avons vu, Nous verrons de meilleurs jours, méritait le détour. Et que dire de la présence du mouvement Gülen à Montréal, un immense réseau musulman auquel nous avons consacré une série de reportages dans La Presse ce printemps.

Mais que serait l'engouement turc sans quelques bonnes adresses à visiter. Nous vous avons déjà parlé du restaurant Su, à Verdun, qui est ultra populaire. Parfait pour les occasions spéciales. Mais notre dernière découverte, elle, n'a rien de chic.... si ce n'est le contenu des assiettes. À la recommandation de turco-montréalais, nous avons testé les kebabs iskender et adana du Kebab Express, à Côte-des-Neiges. L'endroit, minuscule, était rempli à ras bord. Et nous avons vite compris pourquoi. Pour 12$, on vous sert une immense assiette bien chaude et parfaitement épicée.... Notre accompagnateur était d'origine turque et ravi de trouver une telle qualité de kebab hors-Turquie et hors-Allemagne.

KEBAB EXPRESS
5567a Chemin de la Côtes-des-Neiges
à deux pas du métro Côte-des-Neiges
Tel: 514-344-8181

dimanche 3 juin 2012

Six-TEA years!


On peut se poser bien des questions sur l'utilité de la monarchie britannique, institution on ne peut plus anachronique. On peut se demander ce qu'elle coûte aux contribuables canadiens et se surprendre qu'Elizabeth II soit encore sur nos billets de banque. Mais une chose est certaine: la Reine d'Angleterre fête cette semaine ses 60 ans de règne - ce qui est, on en conviendra, pas mal plus long que la carrière d'un participant à Star Académie ou la durée de vie d'un rasoir jetable.
Bon. Tout ça pour dire que si vous souhaitez faire le "trip", on vous suggère d'aller faire un tour chez Bramble House, la boutique britannique de Montréal. Situé pas loin de l'autoroute 20 à Pointe Claire, ce magasin est un mélange d'attrape-couillons pour les touristes (tirelires, tasses, cossins, calendriers) et de produits d'épicerie typiquement britanniques, qu'on ne trouve ordinairement pas chez nous (Ready Brek, Marmite, IrnBru etc.), sans parler du salon de thé attenant au magasin, qui ravira les aventuriers du Salada. En prime pour cette période de célébrations: revues et tasses soulignant les six décennies  de règne de madame. Happy "Six-TEA" Liz!
(Bramble House, 57, ave Donegani, Pointe-Claire. 514-630-6363)









vendredi 25 mai 2012

Bye bye Troïka

Ancien haut lieu de la gastronomie russe, immortalisé dans les premières saisons de Lance et compte, la Troïka n'est plus. Le célèbre restaurant de la rue Crescent, qui devait bientôt avoir 50 ans, a rendu l'âme dans les dernières semaines et a été remplacé par un bar à tapas, L'Avalanche.

On y avait fait un tour en janvier et on avait pu constater que ça n'allait plus du tout.... L'ancien raffinement un peu kitsch du lieu avait été remplacé par du kitsch tout court sous une nouvelle administration. Tout ça n'a pas fait long feu.

Le nouveau propriétaire de la place compte cependant souligner le 50e anniversaire en bonne et due forme. Que voulez-vous, l'endroit garde son âme russe....

jeudi 17 mai 2012

Conseils de maquillage du Montréal multiple

Vous allez vous demander quelle mouche nous a piqué.... mais nous sommes tombés sur cet article de Loulou (oui, oui, vous avez bien lu) sur le maquillage et les beautés multiples et avons décidé de le partager avec vous. Dommage que le magazine sente le besoin de s'inspirer de Miss Univers, plutôt que de Miss Montréal Multiple ;-)

Le voici!

Pis bon jeudi!

lundi 14 mai 2012

Un salon de l'Immigration et de l'Intégration

Texte de la Presse canadienne sur un nouveau salon destiné aux immigrants ou immigrants potentiels. On y sera!


Par Marie-Michèle Sioui 
LA PRESSE CANADIENNE
MONTRÉAL - Pour la toute première fois, les immigrants et nouveaux arrivants pourront se réunir au Salon de l’Immigration et de l’intégration au Québec (SIIQ), un événement que l’organisme Immigrant Québec présentera les 18 et 19 mai prochains au Palais des congrès de Montréal.
Dès leur entrée, les visiteurs recevront un passeport factice qui les guidera vers un parcours adapté à leur statut.
Ainsi, étudiants étrangers, résidents permanents ou temporaires, par exemple, iront à la rencontre des 93 exposants réunis au salon pour présenter leurs services.
Dans quatre zones - régions du Québec, emploi et formation, services commerciaux sur mesure (banques, assurances, cabinets d’avocats) et organismes à but non lucratif  -  les visiteurs recevront conseils et astuces afin de faciliter leur installation et leur intégration dans le marché du travail et la société québécoise.
La directrice générale de l’événement, Delphine Folliet, explique que le salon vise à donner de l’information, des opportunités et des services à tous les nouveaux arrivants, mais aussi aux immigrants qui sont au Québec depuis quelque temps.
Les organisateurs proposent aux visiteurs de venir rencontrer des gens et échanger dans une ambiance conviviale et festive.
«Nous voulons aider les gens qui sont à la recherche d’information afin de bien démarrer leur nouvelle vie au Québec et ainsi favoriser leur intégration», explique Mme Folliet.
Les visiteurs obtiendront des informations sur la manière d’inscrire leurs enfants à l’école et de chercher un logement ou un emploi, notamment.

vendredi 11 mai 2012

Festivals multiples

Nous promettons de vous revenir plus en détails, mais avant d'oublier, le Montréal multiple veut vous rappeler que le mois de mai est aussi le mois de l'héritage asiatique. Et qui dit héritage asiatique, dit aussi festival Accès-Asie, organisé par l'incomparable Janet Lumb. Encore une fois cette année, le festival met de l'avant des artistes d'ici originaires des pays d'Asie... de la Turquie à la Chine.

La programmation sur le tout nouveau site web: accesasie.com

Le retour des frères!

Nous avons découvert les frères Winnicki l'été dernier au marché Atwater. Mi-polonais, mi-chinois de Singapour et  totalement montréalais, les Satay Brothers, du nom de leur "food stand", ont à eux seuls donné un coup de jeune au vénérable (et parfois fort dispendieux) marché Atwater en y vendant des spécialités singapouriennes toutes meilleures les unes que les autres. Leur satay? Mioum! Leur salade à la papaye verte? Double mioum! Et je n'ai même pas encore essayé le laksa (la soupe traditionnelle aux crevettes). Le tout se mange sur des tables de pique-nique attenantes. Ils ont ouvert leurs portes à nouveau cette semaine et nous avons été parmi les premiers à commander un sandwich au satay.... avant de le manger dehors (brrrrrrrr!). Mais le froid ne devrait pas durer trop longtemps, le retour des Satay brothers veut aussi dire retour du printemps.

Satay Brothers
Marché Atwater
À côté de la poissonnerie

mercredi 9 mai 2012

Ah Maggy!

C'est une foodie russo-montréalaise qui nous a parlé de Chez Maggy, un boui-boui bangladais de Verdun.  Nous l'avons testé hier et croyez-nous, nous y remettrons souvent les pieds.

Premièrement, parce que Maggy - une petite dame bangladaise qui habitait à quelques maisons de chez Mère Térésa pendant une partie de sa vie - est absolument charmante et qu'elle fait les meilleurs pakoras aux lentilles et bhajis à l'oignon en ville.  Aussi parce que le plat principal est accompagné de lentilles, de légumes, de riz et d'un paratha maison. Qu'on peut y apporter son propre vin. Et que tous les plats, bien que simples, sont frais, délicieux. On vous recommande particulièrement les crevettes au cari.

Tout ça coûte environ 15$ par personne, taxes et pourboire inclus. Maggy, comme Mère Térésa, fait des miracles!

Chez Maggy
4912 rue Wellington
514-227-7968

vendredi 27 avril 2012

Se chausser à l'espagnole

Petite découverte de jeudi soir pluvieux: je suis tombée hier sur le petit magasin "L'Espagne à vos pieds" sur la rue Saint-Denis (au 4518, tout près de Mont-Royal). J'y entre et demande une petite question à la vendeuse. Son fils sort de l'arrière-magasin et se lance dans une envolée passionnée et passionnante sur sa jeune entreprise: vendre à travers le monde des "espadrilles" espagnoles fabriquées à la main dans le village de Cervera del Rio Alhama, dans la province du Rioja.

Son magasin de la rue Saint-Denis a l'air d'un magasin de bonbon, alors, en moins de dix minutes, j'ai succombé et acheté une paire d'espadrilles Lola multicolore.

En me rendant sur leur site web ce matin, je constate que j'aurais payé moins cher en ligne. Voici donc l'adresse pour faire du lèche-vitrine virtuel: http://www.espadrillestore.com/montreal-espadrilles-store

À noter que le magasin vend aussi quelques aliments et babioles de cuisine espagnols.

L'Espagne à vos pieds
4518 rue Saint-Denis
(514) 419-9922



samedi 21 avril 2012

Angel Mota pour le 22 avril...

Il est Mexicain d'origine, Québécois d'adoption, guide d'écoutourisme, poète à ses heures... Et il ne veut pas, lui non plus, que ses enfants grandissent dans un Québec miné, plumé, vidé et vendu par morceaux. Il est concerné et informé.
Voici ce qu'il a à dire.

jeudi 19 avril 2012

22 avril: Montréal multiple contre les trous!

Le blogue du Montréal Multiple n'est peut-être pas très actif ces temps-ci. Mais ça ne nous empêche pas de travailler fort dans les coins.

A l'approche de la grande manif citoyenne du 22 avril (dimanche) on a interrogé une demi-douzaine d'immigrants de tous horizons sur l'environnement, les ressources naturelles, le bien commun et l'avenir de la planète. Si certains doutaient encore de leur sentiment d'appartenance à ce Pays, voici de quoi faire réfléchir. Leurs préoccupations pour le territoire, le Plan Nord, les gaz de shiste et la façon dont notre gouvernement est en train de brader nos ressources sont celles de Québécois engagés et enracinés.
Ils ont choisi cette terre, leurs enfants vont y grandir et leurs petits enfants aussi.  Et ils ne veulent pas d'un avenir plein de trous...

Serez-vous là le 22 avril? Eux, oui.

Pis nous aussi, tant qu'à faire.

Extraits.


lundi 2 avril 2012

Dépanner Petite-Patrie

La semaine de la publication de notre guide du Montréal multiple, la journaliste Judith Lussier lançait son livre, Sacré dépanneur! Deux ans plus tard, cette dernière, avec la collaboration du photographe Dominique Lafond lance par le biais de l'Office national du film un photo-doc qui fait le portrait de la famille Lu, propriétaire d'un dépanneur dans Petite-Patrie.

Le tout est en ligne gratuitement.

Bon visionnement

mardi 13 mars 2012

Granby multiple

Chouette petit clip pour rendre hommage au Granby multiculturel... Un peu gentil style annonce-pour-le-lait, mais ne soyons pas trop cyniques. Les intentions sont bonnes et c'est du beau travail. Au fait, combien d'immigrants à Granby?

mercredi 7 mars 2012

Le 11 mars, les Japonais commémoreront le premier anniversaire du tremblement de terre de la côte pacifique. En solidarité, la communauté japonaise de Montréal organise une foule d'activités: concerts, ventes de garage, projections de films. Name it!

Pour les détails: cliquez ici.

jeudi 1 mars 2012

Journée féministe multiple

La Journée internationale de la femme aura lieu le 8 mars (comme à chaque année), mais les festivités comment beaucoup plus tôt. Parmi les valeurs sûres pour faire le plein d'ardeur féministe, on vous recommande la conférence d'une journée organisée par Femmes de diverses origines. Sur la même scène, les préoccupation des femmes autochtones, colombiennes et philippines se mélangent. Et que dire du buffet du midi à partager? Aussi multiple que la conférence.

Pour plus de détails

Samedi, 3 mars, 9h à 16h30
6767 Côte-des-Neiges
5$ - don suggéré

jeudi 23 février 2012

Art moderne autochtone: l'expo qui fesse




Une dernière chance de voir Baliser le territoire, étonnante expo d’art moderne autochtone qui se termine samedi le 25 à la galerie Art Mûr (5826 rue St-Hubert). Contrairement à la folkorique et décevante expo 11 Nations présentée au Marché Bonsecours, Art Mûr propose des œuvres contemporaines avec un discours aussi critique que puissant. La nouvelle vague d’artistes amérindiens sera vraiment à surveiller, à commencer par la Montréalaise algonquienne Nadia Myre, qui sera en solo au même endroit du 3 mars au 21 avril. Quelques images des oeuvres présentées...









mardi 21 février 2012

Au pays du tadigh


Si vous suivez ce blogue depuis un bout de temps, vous savez déjà que nous avons un faible pour la cuisine perse. Nous ne manquons jamais une occasion d'aller faire un tour à NDG pour un bon chelo kebab.

Nous venons cependant de découvrir une nouvelle adresse au centre-ville de Montréal: le Honey Rose. Ne vous attendez pas à y retrouver une carte des vins élaborées pour accompagner les brochettes, le restaurant appartient au responsable du Centre islamique iranien... mais pour ce qui est des spécialités de la table iranienne, tout y est.

Hier, nous nous sommes délectés d'un excellent khoresht (un mijoté), le gheymeh bademjan. Des aubergines, de l'agneau des citrons séchés et des pois cassés cuisent lentement ensemble dans un bouillon de saffran. Délicieux. Et le restaurant nous a servi une bonne portion de tadigh- la croûte que les Iraniens obtiennent en faisant cuire le riz- en accompagnement. On y retournera bientôt ou en s'en fera livrer à la maison.

Honey Rose, 1228 Drummond
514-876-4446

lundi 20 février 2012

Rappe ta ville!

Le rappeurs n'ont pas attendu le Mois de L'histoire des Noirs pour chanter leur ville et leur quartier. Pour eux, c'est une façon de "marquer le territoire" et de revendiquer son appartenance au "hood". Montréal ne fait exception, comme en témoigne cette liste de chansons "full 514" qui nous a été suggérée par le réalistateur et militant Will Prosper (Les derniers pélerins, Montreal Nord Republik), qui est aussi un grand amateur de hip-hop. Au fait, saviez-vous qu'il y a un coin de Montréal-Nord qu'on surnomme le Bronx? C'est dans le bout des rues Pascal et Roland. On dit que c'est le quadrilatère le plus surpeuplé de Montréal. Merci Will. On va se coucher moins niaiseux.















mercredi 8 février 2012

Black et timbrés

























C'est le mois de l'Histoire des Noirs et, comme chaque année depuis 2009, Postes Canada veut faire sa part. La société vient d'émettre de nouveaux timbres avec des Blacks importants de notre histoire, Viola Desmond et John Ware.
Dire qu'on ne connaît rien de la contribution noire au Canada n'est pas exagéré. D'ailleurs, on ne connaissait pas du tout cette Mme Desmond et ce M. Ware, qui ont surtout fait leur marque au Canada anglais.
Viola Desmond a été arrêtée en novembre 1946, pour s'être assise dans la section réservée aux Blancs dans un cinéma de New Glasgow, Nouvelle Écosse. Une saga judiciaire s'en est suivie et le gouvernement de Nouvelle-Écosse lui a présenté des excuses à titre posthume en 2010.
John Ware est un cowboy (!) qui a contribué à implanter l'industrie de l'élevage dans une région des Prairies qui allait devenir l'Alberta. Ce fils d'esclave d'origine américaine est devenu un héros populaire après avoir remporté une épreuve de terrassement du bouvillon en 1893, à Calgary, pavant la voie à ce qui allait devenir le Stampede. Pas mal, non?
Les autres Noirs déjà honorés par Postes Canada sont Abraham Doras Shadd, Rosemary Brown, William Hall, Carrie Best, Oscar Peterson, Grant Fuhr, Portia White, Josiah Henson et Fergie Jenkins.
Vous trouvez qu'il en manque? Vous avez raison. Mais vous pouvez suggérer des noms à l'adresse suivante: http://bit.ly/AkimAk
Personnellement, on ne dirait pas non à un timbre de Mathieu da Costa -premier Noir à avoir foulé le sol de Nouvelle-France en 1604.


jeudi 2 février 2012

La grande "noireté"


Un documentaire sur le Montréal haïtien. Un festival de chanson et de cinéma. Une conférence sur les Noirs dans le monde scientifique. Une manifestation pour le retour des cheveux crépus. Un concours de beauté africain. Une pièce de théâtre, des expositions, des tables rondes, des matchs de foot. Voilà un petit aperçu des nombreuses activités prévues à Montréal pour le Mois de l'histoire des Noirs, qui se déroulera pendant tout le mois de février.

Vous avez dit éclectique? Vous avez raison. Vingt et un ans après sa fondation, on ne sait toujours pas comment classer ce festival qui navigue entre le culturel, le politique et le social. Mais son objectif reste clair: sensibiliser le grand public à la réalité noire dans le monde et, surtout, rejoindre les jeunes Blacks en quête de repères identitaires.

Nos suggestions.


Une histoire en noir et blanc

Sa grand-mère était une ancienne esclave. Son grand-père un soldat d'origine hispanique. Ils se sont rencontrés dans La Petite Bourgogne à la fin du 19e siècle. Voici Coloured Pictures in Family Frames, une histoire vraie du Montréal noir, écrite et mise en scène par Dolores Sandoval. Album de photos à l'appui ce spectacle multimedia est présenté ce soir au Centre culturel George-Vanier, 2450 rue Workman.

Minorité visible invisible

Pas facile d'être gai au Québec. Alors imaginez en Afrique, où l'homosexualité est considérée comme un crime dans la majorité des pays. Chaque année, des dizaines de personnes demandent l'asile à Montréal pour pouvoir vivre ici leur «différence».

Malheureusement, cela ne règle pas tous les problèmes, car la pression est aussi grande que la communauté africaine est petite. Accueillis par leur famille plus ou moins immédiate, certains n'arrivent tout simplement pas à sortir du placard.

C'est pour les aider dans leur processus d'acceptation que l'organisme Arc-en-ciel d'Afrique organise Massimadi, un festival de cinéma consacré aux films LGBT (lesbiens, gais, bisexuels, transgenres) afro-caribéens.

Parmi les 10 films présentés à l'UQAM, à la Cinémathèque et à l'ONF, on verra notamment Change (sur un jeune Noir qui découvre son identité le soir où Obama est élu) et Être soi-même, documentaire sur trois gais et lesbiennes montréalais d'origine afro-antillaise. Du 6 au 12 février. Information: www.massimadi.com

Massimadi est la contraction des mots massissi et madivine, qui veulent dire respectivement «gai» et «lesbienne» en créole.

Pour le retour du frisé

Toute sa jeunesse, Berek Yah a été obligée de se faire défriser les cheveux. Jusqu'au jour où, brûlée au cinquième degré, la jeune femme d'origine haïtienne a décidé que c'était assez. Non seulement elle porte aujourd'hui fièrement ses tresses, mais elle vient de lancer Frobruary, un mouvement pour combattre la dictature du cheveu lisse. «Il y a un vrai problème identitaire dans la communauté noire, explique la poète d’origine haïtienne. Neuf femmes sur dix ont les cheveux plats, une perruque ou des rallonges. On en voit rarement qui ont les cheveux frisés, au naturel, parce qu'on considère ça comme négligé... C'est absurde! Comment se faire respecter si on ne respecte même pas nos propres racines?»

Le mois dernier, Berek Yah a ouvert une page Facebook et souhaite réaliser un documentaire sur ce curieux phénomène d'autonégation. Elle diffusera des images de ses premières entrevues les 9 et 16 février à L'Escalier (552, rue Sainte-Catherine Est) et veut profiter de l'occasion pour lancer une réflexion collective sur ce qu'elle décrit comme le signe d'un «complexe d'infériorité» non réglé. (www.facebook.com/frobruary)

Et aussi...

La coupe d'Afrique de soccer bat son plein. La Maison de l'Afrique Mandingo souligne ce grand événement panafricain par une expo sur le foot africain et la diffusion des matches la fin de semaine. Finale le 12 février. 6256 Henri-Julien.

Le 7 février 1986, Haïti se libérait du régime Duvalier. Retour sur les événements avec une projection débat animée par Frantz Voltaire et Jan Dominique. Nou pas b bliye, le 7 février au Bistro Tribu-Terre, 2590 Jarry O.

L'avenir de l'Afrique passe-t-il par sa diaspora? Ferdinand Mayega lance la question, le 26 février à la Bibliothèque du Mile End, 5434 Parc.

La contribution des Noirs à la science est souvent ignorée. Une conférence de Frederic Birkley, du Frankin Institute de Philadelphie, pour remettre les pendules à l'heure. The Colour of science, le 19 février Musée Redpath 859 Sherbrooke O.

Le cinéaste Roger Boisrond ne mâche pas ses mots dans Sakpasé, documentaire aigre-doux sur la communauté haïtienne de Montréal, le 23 février à 17h, au Centre récréatif de Rivière-des-Prairies.

samedi 28 janvier 2012

La religion: un échec?

Cette excellente photo - envoyée de Bruxelles - nous montre un jeu d'échecs cathos vs juifs. Pas mal mais... y a-t-il une version avec musulmans?

vendredi 20 janvier 2012

Église éthiopienne: y a-t-il un prêtre dans la salle?


Dimanche matin, quartier NDG. Dans l'arrière-salle d'une église protestante, une quarantaine de fidèles vêtus de blanc prient devant ...un ordinateur portable.

Cette scène étrange (surréaliste?) n'a rien à voir avec la mort de Steve Jobs, mais tout à voir avec la petite communauté copte orthodoxe éthiopienne de Montréal, qui compte une centaine de membres. Faute de prêtre attitré, celle-ci diffuse des sermons et des prières trouvés sur des sites web. Concept inventif certes... mais quand même limité.

«Une messe sans prêtre, ce n'est pas vraiment une messe», reconnaît Tsegue-Mariam Negouné, membre de la communauté, rencontrée à la sortie du service.

Avec un peu de chance, ce problème pourrait être réglé sous peu. Après 15 ans d'errance, à se promener d'églises louées en salles paroissiales, la congrégation Tewahedo Medhanealem vient en effet d'acheter sa propre église dans le quartier Parc-Extension. Et elle espère que cette acquisition lui donnera un argument de poids pour attirer un prêtre permanent et non virtuel à Montréal.

«Il y a cinq ans, on n'aurait pas pu acheter cela. Mais maintenant, tout va changer», lance Debebe Emissa, diacre et leader discret de cette paroisse flottante.

Questions d'argent

Il y a cependant loin de la coupe aux lèvres. Jusqu'ici, les Éthiopiens de Montréal ont été assez malchanceux côté prêtres.

Les candidats n'ont pas été nombreux à postuler, et ceux qui sont venus sont vite repartis. Le premier s'est enfui à Calgary après trois ans de service. Le second n'est resté que quelques mois en 2006 avant de partir sans demander son reste. Depuis, c'est le désert absolu. Faute de mieux, la congrégation prie de façon informelle et fait venir un prêtre de Toronto pour les grandes occasions, comme le Noël orthodoxe, qui avait justement lieu vendredi, jour des Rois.

Comment expliquer cette aversion pour Montréal? Les prêtres éthiopiens seraient-ils comme les joueurs de hockey?

«Je pense surtout qu'ils se sentaient seuls, explique Debebe, diplomate. Ici, ce n'est pas comme Toronto. Et c'est encore moins comme l'Éthiopie. La communauté est petite. Nos activités sont limitées. Ils n'aimaient pas ça.»

Autre son de cloche à Toronto, où nous avons joint le père Mesale Engeda, fondateur de l'Égliseéthiopienne du Canada. Selon lui, le problème montréalais était avant tout pécuniaire: «Je pense que c'était essentiellement une question de revenus. La communauté de Montréal n'était tout simplement pas assez forte pour les soutenir financièrement.»

La situation n'est pas exclusive à Montréal, explique M. Engeda. Ottawa a connu le même problème par le passé, et la paroisse éthiopienne d'Halifax n'a toujours pas de prêtre. En revanche, Toronto en possède quatre.

Faut-il y voir - encore - une question de langue? «Ce n'est pas la raison principale, répond le religieux. Mais c'est peut-être une raison. Plusieurs Éthiopiens sont partis de Montréal pendant le référendum.»

Enfin, il est vrai que les communautés éthiopiennes sont plus nombreuses au Canada anglais et, par là, plus attirantes. Il y a environ 30 000 Éthiopiens à Toronto, alors que Montréal en compte environ 1000, musulmans, orthodoxes et évangélistes confondus.

«Je ne peux forcer personne»

Le père Engeda ne cache pas son admiration pour la paroisse montréalaise («ils sont peu nombreux, mais déterminés») et il dit travailler fort dans les coins pour lui trouver un prêtre. Mais, à mots plus ou moins couverts, il avoue que l'enthousiasme n'est pas au rendez-vous dans ses rangs: «Je ne peux forcer personne. Celui qui ira doit le faire pour prêcher la bonne nouvelle et non pour l'argent.»

La solution viendrait-elle d'Éthiopie? Rien n'est moins sûr. Primo, l'Église éthiopienne d'Amérique du Nord est en rupture avec celle d'Éthiopie. Les deux synodes sont en froid administratif depuis 20 ans (voir encadré). Deuzio, l'immigration pose problème. «On a souvent essayé. Un prêtre sur cinq seulement parvient à entrer au pays», souligne le père Engeda.

Selon lui, il serait beaucoup plus facile de recruter dans les camps de réfugiés du Kenya ou de l'Ouganda. En demandant l'asile, un prêtre aurait plus de chances d'être reçu et parrainé au Canada. «C'est une option que nous considérons sérieusement.»

Un QG pour la communauté

Dans quelques semaines si tout va bien, la congrégation Tewahedo Medhanealem prendra possession de sa nouvelle église, une ancienne mission catholique ukrainienne sur la rue Stuart.

Plus qu'un lieu de culte, l'endroit servira de bibliothèque, de centre culturel, d'école de langues et de point de chute pour les nouveaux arrivants. En d'autres mots, la communauté éthiopienne de Montréal aura enfin son QG. «On commence à avoir des enfants. On grossit. Il était temps qu'on ait notre place», souligne Debebe Emissa.

Et le prêtre? Plein d'espoir, Debebe lève les yeux."Je m'en remets à Dieu,. dit-il, c'est un bon berger.."











Photos Bernard Brault (La messe) et Edouard Plante-Fréchette (Debebe Emissa)

jeudi 22 décembre 2011

Kateri sera enfin canonisée

Kateri Tekakwitha se rapproche à grands pas de la sainteté. Benoît XVI vient en effet d’autoriser la canonisation de la bienheureuse mohawk, dont le tombeau est situé dans l’église de Kahnawake. Un boom touristique est à prévoir sur la réserve.

« C’est un accomplissement, se réjouit le diacre Ron Boyer, du Centre Kateri à Kahnawake. Nous avons mis tellement d’efforts et de temps sur cette cause. Maintenant, avec un peu de chance, on va pouvoir relaxer. Mais ce n’est pas parti pour ça. »

Morte en 1680, le « Lys des Mohawks » avait été béatifiée par le pape Jean-Paul 2 en 1980, deux ans avant le Frère André. Mais il lui manquait encore un miracle « certifié » pour être proprement sanctifiée.

C’est maintenant chose faite.

En 2006, Kateri aurait en effet sauvé un jeune garçon de Seattle de la bactérie mangeuse de chair. Après avoir été à l’étude pendant plus de cinq ans, le dossier a finalement reçu l’imprimatur du Vatican. Sauf erreur, cela fera de Kateri la première sainte autochtone d’Amérique du Nord.

Cette nouvelle aura évidemment un impact considérable sur la petite ville de Kahnawake, qui risque de devenir un lieu de pèlerinage majeur.

« Pour nous, cela veut dire qu’il y aura plus de tourisme », souligne Greg Horn, propriétaire du site d’informations kahnawakenews.com. « Ça va aider notre église. Elle en avait bien besoin. »

Kenneth Deer, de la Maison longue de Kahnawake, est pour sa part plus réticent. « Ça va changer notre communauté pour toujours, c’est certain « Mais je ne suis pas certain qu’on soit vraiment préparés à ça. Pour le moment, notre communauté n’a pas les infrastructures pour recevoir un si gros afflux de visiteurs. »

Objet de culte international, Kateri Tekakwitha était déjà considérée comme une sainte officieuse. Dès le 17e siècle, les Jésuites ont été les premiers à écrire son hagiographie et à pousser sa cause à Rome. Son personnage d’amérindienne illuminée faisait l’objet d’une littérature et d’une iconographie abondantes.

Des deux côtés de la fronitère, des organisations se disputaient par ailleurs sa nationalité. Américaine ou canadienne? La question reste en suspens, considérant que Kateri est morte avant que les deux pays n’existent. Diplomate, le Vatican semble pour l’instant vouloir lui octroyer le statut consensuel de sainte « nord-américaine ».

Fait intéressant : tous les Mohawks ne partagent pas le même enthousiasme pour Kateri Tekakwitha. Les plus traditionnalistes lui reprochent encore de s’être convertie au catholicisme, ce qui en aurait fait une sorte de « colonisée spirituelle ». Mais Ron Boyer est convaincu que sacanonisation réunira les deux camps. « Ils (les traditionnalistes) vont revenir à l’église, j’en suis sûr », lance le diacre.

Benoit XVI devrait annoncer la date officielle de canonisation au début de la nouvelle année. D’ici là, avis aux intéressés : une messe de Noël en Mohawk sera donnée à l’église Saint-François-Xavier de Kahnawake, samedi le 24 décembre à 20h.

Le diacre Ron Boyer (à gauche) et son assitant Albert Lazare, du Kateri Center à Kahawake, travaillent depuis des années pour la cause de Kateri. Albert est entré au Kateri Center en... 1957! (photo Ivanoh Demers, pour La Presse)

JCL

mercredi 21 décembre 2011

Noël perse....

La dinde ne vous tente pas cette année? Pourquoi ne pas prendre un bon antidote iranien aux fêtes traditionnelles de la Nativité. Et on commence pas plus tard que ce soir. La charmante galerie Mekic organise une charmante soirée de Yalda. Cette fête païenne, célébrée depuis 10 000 ans, commémore la naissance du Dieu du Soleil et la renaissance du jour en cette plus longue nuit de l'année. Le tout a lieu dès ce soir à 19h dans la galerie de la rue de La Roche. Pour les détails.

Le 25, Montreal Persian organise un party perse sur la rue Crescent. Bye bye tante Bertha, hello Tehran beat! Détails.

Et Joyeux Noël! Ou Joyeuses fêtes pour les plus politically correct ;-)

mercredi 14 décembre 2011

On en veut à Montréal


On aime voyager pour voir ce qu'il se fait de bien ailleurs et rapporter les meilleurs idées dans notre baluchon. Nous revenons d'une petite tournée allemande et croyons que nous devrions nous aussi adopter la tradition des marchés de Noël et du vin chaud vendu dans la rue. D'ailleurs, la Ville de Québec a un marché allemand cette année.

De notre côté, nous pensons que Montréal pourrait s'inspirer du marché de Noël Neukolln, un des coins les plus branchés de Berlin. Le temps d'un week-end, on a transformé la rue en marché. Toutes les ONGs du quartier avaient préparé des décorations de Noël vendues à prix doux. On pouvait aussi y déguster autant des gaufres belges que des lahmahjounes turcs. Tout ça accompagné de musique live.

On aime. On aime beaucoup.

mardi 13 décembre 2011

Prêt pour le dragon d'eau

Je sais, je sais, il est un peu tôt pour parler de Nouvel an chinois (23 janvier), alors que le Noël catholique (25 décembre), orthodoxe (7 janvier), arménien (6janvier) et que les nouvelles années occidentales (1er janvier) et russes (14 janvier) ne sont pas encore passés. Mais que voulez-vous, on est prévoyant au Montréal multiple!

La compagnie Kaléidoscope offre tous les ans des tours du quartier chinois, assorti d'un repas traditionnel du nouvel an (50$ pour les deux). C'est l'occasion parfaite pour tout savoir sur les célébration du Nouvel an qui durent quelque 2 semaines. Les tours/conférences auront lieu à maintes reprises pendant les week-end du 21 janvier au 5 février.

Pour plus d'info: tours.kaleidoscope@sympatico.ca

L.-J.P

vendredi 2 décembre 2011

« On faisait peur au monde»: Des "Warriors" au temps du peace & love (ou l’étrange destin du groupe Red Power, pionnier du rock mohawk engagé)


Ils auraient pu faire l’histoire du rock. Mais il n’en reste rien. Ou presque.

Entre 1968 et 1973, le groupe mohawk Red Power a produit sa propre mixture de blue-hard-rock et de revendications pro-autochtones. Il s’est produit sur les campus universitaires, dans des bars gais, des clubs underground et même devant Pierre Élliott Trudeau qui a failli en perdre sa rose à la boutonnière.

Mais son histoire n’a jamais été écrite. Et son souvenir est parti en fumée de calumet dans un cigarette shop de la réserve de Kahnawake. À « K-Town » d’ailleurs, rares sont ceux qui se rappellent encore de Red Power. Bien que ses anciens membres soient encore actifs dans la communauté, ce nom appartient définitivement au passé.

Des fusils aux guitares

Red Power, c’est avant tout Ronald Deere, mieux connu sous le nom de Frosty. C’est lui le fondateur, l’auteur et le chanteur qui a donné vie au groupe. Sans lui, il n’y aurait pas eu Red Power, il n’y aurait eu qu’un groupe de bar et de bière. Sans lui, il n’y aurait pas eu l’âme du warrior mohawk.

« Quand j’y repense, on donnait un maudit bon show, dit-il aujourd’hui. On faisait vraiment peur au monde.»

Frosty, 71 ans, vit aujourd’hui avec sa femme, dans une petite maison pré-usinée au bord de la route 132 en bordure de Kahnawake. A l’intérieur, les murs de bois sont bardés de photos de famille spectaculaires et la radio classic rock américaine joue en rotation lourde. En bas, il avait jadis son magasin d’ordinateurs. Mais il a laissé le commerce à son fils, qui l’a transformé en magasin d’armements.

On s’attendait à tout sauf à des mitraillettes, en allant rencontrer un ancien chanteur de rock. Mais chez Frosty, j’ai vite compris que la culture militaire était une réalité. Un de ses fils vend des guns, l’autre est soldat et il a lui-même servi dans l’armée américaine au début des années 60 (au cas où vous ne le sauriez pas, beaucoup de mohawks de Kahnawake préfèrent s’engager pour l’Oncle Sam, question de sentiment d’appartenance). Pas étonnant qu’il nous ait accueilli avec une casquette de la US Army sur le front. Ce n’était pas seulement pour cacher ses cheveux gris, ça fait partie de lui.

Frosty a passé 10 ans sous les drapeaux. Comme volontaire. Mais en 1966, quand son contrat est venu à terme, il a décidé de revenir à Kanhawake. Coup de chance, dit-il. « Un mois plus tard et ils m’auraient envoyés au Vietnam. »

Très vite, la musique remplace les fusils. Parce qu’il sait chanter, un peu, pas beaucoup, surtout du folk mais quand même, Frosty est invité par son cousin Gordon (Bryson) à rejoindre the Mixed Breed, un groupe rhythm’n’blue garage de la réserve.

Le nom de la formation réfère aux origines multiples de son personnel, qui compte un italo-irlandais, deux québécois et deux mohawks, Frosty et Gordon. Mais son répertoire, à ce qu’on sache, est loin d’être aussi éclectique. The Mixed Breed donne plutôt dans le bon vieux « cover », et se produit essentiellement dans des soirées un peu boboches, genre party de graduation dans une salle louée.

C’est pendant une de ces fêtes, justement, que va naître Red Power. En décembre 68, les trois moitiés de Mixed Breed se séparent. Francos et Mohawks, c’est connu, ne sont pas faits pour s’entendre! Ça tombe mal : le groupe doit se produire dans une semaine à l’Hotel Reine –Élizabeth pour un party du Collège Loyola. Que faire? Sans tarder, Frosty et Gordon recrutent les frères Michael et Donald Sky, deux autres Mohawks de la réserve. Fini les mélanges de couleur. Cette fois, c’est le rouge total.

Bien que pas prête pantoute, la nouvelle formation honore son engagement. De cela, tout le monde est certain. Ce qui est moins certain, c’est ce qui se passe ce soir-là dans l’hôtel. Pierre Elliott Trudeau, premier-ministre du Canada, tient-il un congrès du parti libéral? S’échappe-t-il de la fête pour venir danser comme un fou pendant le concert du groupe mohawk? Enfin, John et Yoko sont-ils au dernier étage en train de faire leur bed-in de l’amour? Frosty a-t-il bien vu deux krishnas se trémousser au fond de la salle? Bref, sommes-nous en mai 69 ou en décembre 68? On a essayé d’y voir clair, mais le « indian time » s’est mis en travers du chemin. Ni Frosty, ni Michael Sky ne semblaient s’en rappeler distinctement.

Mais une chose est certaine : c’est soir-là, officiellement, que Red Power est né.

« On voulait faire réfléchir »

Ha. Red Power. Le choix du nom n’est pas innocent. On est en 1969 et l’Amérique vibre pour la défense des droits civiques. Inspirés par l’émergence du mouvement black power, les autochtones réclament leur part du gâteau et dénoncent les injustices. Par extension, on parle bientôt de Red Power, un mouvement multiforme dont la figure de proue est le AIM, le American Indian Movement, qui va se propager jusqu'au Canada (voir photo ci-contre, prise en Colombie-britannique en 1974)

Pour Frosty, rockeur militant, c’est le nom tout trouvé. Red Power sera à la fois un manifeste, une plateforme politique et un nom à la hauteur du mythe guerrier des Mohawks, qui se perpétuera jusqu’à la crise d’Oka de 1990 avec l’intimidante présence des Warriors.

« On voulait montrer que les autochtones pouvaient réfléchir, écrire et proposer quelque chose » résume Frosty. Le problème, c’est que ce nom portait à confusion. Beaucoup de gens ont pensé qu’on était un groupe communiste! »

Ses textes vont dissiper le malentendu. Dès 1969, Frosty écrit les deux chansons emblématiques du groupe, sur des musiques des frères Sky : Freedom revendique l’émancipation de tous les autochtones d’Amérique alors que Take a Look at the Reservation, invite les non-mohawks à confronter leurs préjugés en venant faire un tour sur la réserve (You don’t Need an invitation/Take a Look at the Reservation).

« C’est incroyable tous les préjugés qui circulaient sur nous, raconte Frosty (ici en photo dans les années 70). Les gens ne savaient rien de notre réalité. On nous prenait pour des désoeuvrés, du monde sans job. On nous posait sans arrêt des questions sur notre vie ici. C’est pour ça que j’ai écrit Take a look. »

La ligne éditoriale de Red Power est claire. D’ailleurs, même ses chansons d’amour parlent de politique (Warrior Love)! Sans dire que le groupe était en colère, le musicien et animateur de radio Lance Delisle admet qu’il avait des choses à dire : «Dans ce temps-là, tout le monde avait un message à livrer. Red Power aussi : ils voulaient éduquer les gens » dit-il.

« C’est vrai que nos textes étaient assez directs pour l’époque, reconnaît Michael Sky. Moi c’était pas trop mon truc. J’étais plutôt dans la musique. Mais disons que ça m’allait comme orientation. »

Hey White man come see what you have done ∕ Say white man we have just begun

We are tired of all your segregation ∕ We are tired of all your assimilation

(Freedom)

Des plumes et un couteau

En 1969 et 1970, Red Power fait sa petite place dans le milieu rock anglophone de Montréal. Son message est unique. Mais sa musique, inspirée par Love, Canned Heat et autres Mothers, est parfaitement dans l’air du temps.

On les voit sur scène avec les Haunted et les Rabble, deux groupes aujourd’hui devenus culte. Ils se produisent à McGill devant les étudiants, en première partie de l’Américain Jesse Winchester, frais déserteur de l’armée américaine ou dans des clubs de travelos de la rue Crescent, qui en redemandent. Après une performance mémorable dans un concours de groupes à Dorval, le Montreal Star les déclare un des cinq meilleurs groupes underground de Montréal.

Il faut dire que Red Power donne un vrai spectacle. Jouant le jeu, Frosty n’hésite pas à porter sa coiffe de chef amérindien et ce, près de 10 ans avant l’indien des Village People!. « J’avais aussi un gros couteau, raconte Frosty. Ce n’était pas un vrai, mais quand même, c’était impressionnant. Je le prenais dans ma main et je sautais sur les gens en faisant semblant de vouloir les épingler. On faisait vraiment peur au monde (we really scared the shit out of people). »

Cette agression en règle se poursuit jusqu’aux Etats-Unis. Profitant de leur sauf-conduit mohawk, les membres de Red Power se produisent notamment à l’Université de Plattsburgh, à Buffalo, ainsi qu’à New York, où tous les membres du groupe se retrouvent par hasard, alors qu’ils travaillent dans la construction.

Mais cette activité ne se convertit pas en radio-activité. Sans argent, sans gérant et sans compagnie de disque, Red Power doit ramer pour survivre.

Michael Sky quitte le groupe en 1970. La formation continue pendant quelques années avec divers changement de personnel. En 1973, un petit label américain propose au groupe d’enregistrer une démo à New York. Pour le groupe, c’est l’ultime chance. Mais le malheur s’en mêle. Quelques jours avant les sessions, le bassiste du groupe Donald Sky est fauché par une voiture à Kahnawake. Le fautif disparaît et Frosty, effrondré, range sa hache de guerre.

« On était à la porte du succès. Au lieu de quoi on a disparu dans la brume »

Des pionniers?

Que reste-t-il de Red Power? A vrai dire, quasiment rien. En cinq ans et des poussières (1968-1973) le groupe n’a laissé aucune photo, aucun enregistrement, aucune découpure de journaux, sinon qu'une affiche de spectacle (voir plus haut) seul témoin de son existence.

Le militantisme de Red Power a-t-il été un obstacle à son succès? Michael Sky en doute. « S’il y avait un obstacle, je pense plutôt que c’était moi, lance-t-il humblement. Je ne prenais pas ça très au sérieux. »

Frosty, de son côté, évoque plutôt l’orgueil et le refus de faire des concessions. « On ne voulait pas jouer pour des pinottes et on ne voulait pas être prisonnier d’un contrat pour 99 ans.. »

Pour Lance Delisle, enfin, tout part de la géographie. Red Power chantait en anglais dans une province francophone en pleine émancipation. Si le groupe avait vécu aux Etats-Unis, sa réussite aurait sans doute été plus tangible.

« Des fois, ça dépend où est ton camp de base » dit-il. « Au Québec, ils n’avaient aucune chance d’attirer l’attention. »

Pour Delisle, Red Power n’en reste pas moins une part importante de l’histoire du peuple iroquois en général et mohawk en particulier. « Il y avait des injustices dans la nation autochtone, pas seulement à Kanhawake, mais partout en Amérique du Nord. Ils ont voulu exprimer ce que c’était d’être amérindien à cette époque, donner une voix et un sentiment de fierté à un peuple qui n’en avait pas. Leur message avait le mérite d’être clair.... »

En essayant d’en savoir plus sur la question, je constate que le rock amérindien n’a pas eu beaucoup de vrais ambassadeurs. Il y a bien eu Link Wray (Shawnee), Robbie Robertson du groupe The Band (Mohawk) Jesse Ed Davis (Kiowa) Jimmy Carl Black (Cheyenne) et bien sûr Jimi Hendrix, qui était à moitié Cherokee. Mais leurs chansons n’avaient rien de spécialement autochtone. Au milieu des années 70, le groupe de funk-rock Redbone a aussi connu un certain succès en jouant la carte des plumes et des peintures de guerre. Mais c’était une « gimmick » plutôt qu’une prise de position, excepté pour la chanson Wounded Knee, que voici:

Red Power était-il donc une exception? Je n’en sais rien. Mais avec plus de chance, peut-être serait-il passé à l’Histoire comme le premier groupe de rock autochtone ouvertement engagé…

Après une vie et 36 métiers (employé de la construction, arboriste, policier) Michael Sky, 62 ans est devenu une vedette de la radio de Kanhawake. Depuis trois ans, il anime the Bingo Lounge, tous les vendredis soirs à la station K 103 sur la réserve. Acteur à temps partiel, il a aussi travaillé la télé (Moose TV, By the Rapids) et joué dans le film Frozen River, où il tient le rôle d’un flic.

De son côté, Frosty n’a pas lâché, ni la musique, ni le combat. Il y a deux ans, l’ancien militaire est retourné en studio, pour enregistrer de nouvelles versions de Freedom et Take a Look at the Reservation (A écouter plus bas). Il a aussi publié tous ses textes dans une recueil de poèmes, se permettant d’ajouter certains couplets plus actuels, en référence à la crise d’Oka et au 11 septembre.

Enfin, tous les mercredis, il se produit pour les patients, à l’hopital de Kanhawake.

Est-ce qu’il leur chante du Red Power?

« Des fois! » dit-il, en riant…


Freedom


Take a Look at the reservation