vendredi 9 novembre 2012
La Perse, Rumi et le tanbur
Les frères Tabassian, tous deux virtuoses, recevront des musiciens d'exception pour une soirée de poésie de Rumi, de chant perse, de sétar, de tanbur et bien plus encore. Pour les détails.
Le gouvernement canadien a bien failli gâcher la sauce en refusant un visa à la chanteuse qui devait monter sur scène, mais la talentueuse Fariba Davoodi prendra le relais.
Le concert a lieu ce soir à 20h au Musée des Beaux-arts de Montréal.
mercredi 12 septembre 2012
Pour l'amour de l'Inde
Pour finir ce projet, Mme Tabah s'est tournée vers indiegogo... et a à peine 20 jours pour amasser plus de 15 000$. Pour en savoir plus sur son projet: http://igg.me/p/209610
On lui souhaite de réaliser son projet, qui marie si bien Montréal et l'Inde.
mercredi 6 juin 2012
Kebab à la turque
Le mois dernier, le cinéma du Parc a abrité le festival de la culture et du film turc. Le film que nous y avons vu, Nous verrons de meilleurs jours, méritait le détour. Et que dire de la présence du mouvement Gülen à Montréal, un immense réseau musulman auquel nous avons consacré une série de reportages dans La Presse ce printemps.
Mais que serait l'engouement turc sans quelques bonnes adresses à visiter. Nous vous avons déjà parlé du restaurant Su, à Verdun, qui est ultra populaire. Parfait pour les occasions spéciales. Mais notre dernière découverte, elle, n'a rien de chic.... si ce n'est le contenu des assiettes. À la recommandation de turco-montréalais, nous avons testé les kebabs iskender et adana du Kebab Express, à Côte-des-Neiges. L'endroit, minuscule, était rempli à ras bord. Et nous avons vite compris pourquoi. Pour 12$, on vous sert une immense assiette bien chaude et parfaitement épicée.... Notre accompagnateur était d'origine turque et ravi de trouver une telle qualité de kebab hors-Turquie et hors-Allemagne.
KEBAB EXPRESS
5567a Chemin de la Côtes-des-Neiges
à deux pas du métro Côte-des-Neiges
Tel: 514-344-8181
dimanche 3 juin 2012
Six-TEA years!
On peut se poser bien des questions sur l'utilité de la monarchie britannique, institution on ne peut plus anachronique. On peut se demander ce qu'elle coûte aux contribuables canadiens et se surprendre qu'Elizabeth II soit encore sur nos billets de banque. Mais une chose est certaine: la Reine d'Angleterre fête cette semaine ses 60 ans de règne - ce qui est, on en conviendra, pas mal plus long que la carrière d'un participant à Star Académie ou la durée de vie d'un rasoir jetable.
Bon. Tout ça pour dire que si vous souhaitez faire le "trip", on vous suggère d'aller faire un tour chez Bramble House, la boutique britannique de Montréal. Situé pas loin de l'autoroute 20 à Pointe Claire, ce magasin est un mélange d'attrape-couillons pour les touristes (tirelires, tasses, cossins, calendriers) et de produits d'épicerie typiquement britanniques, qu'on ne trouve ordinairement pas chez nous (Ready Brek, Marmite, IrnBru etc.), sans parler du salon de thé attenant au magasin, qui ravira les aventuriers du Salada. En prime pour cette période de célébrations: revues et tasses soulignant les six décennies de règne de madame. Happy "Six-TEA" Liz!
(Bramble House, 57, ave Donegani, Pointe-Claire. 514-630-6363)
vendredi 25 mai 2012
Bye bye Troïka
On y avait fait un tour en janvier et on avait pu constater que ça n'allait plus du tout.... L'ancien raffinement un peu kitsch du lieu avait été remplacé par du kitsch tout court sous une nouvelle administration. Tout ça n'a pas fait long feu.
Le nouveau propriétaire de la place compte cependant souligner le 50e anniversaire en bonne et due forme. Que voulez-vous, l'endroit garde son âme russe....
jeudi 17 mai 2012
Conseils de maquillage du Montréal multiple
Le voici!
Pis bon jeudi!
lundi 14 mai 2012
Un salon de l'Immigration et de l'Intégration
vendredi 11 mai 2012
Festivals multiples
La programmation sur le tout nouveau site web: accesasie.com
Le retour des frères!
Satay Brothers
Marché Atwater
À côté de la poissonnerie
mercredi 9 mai 2012
Ah Maggy!
Premièrement, parce que Maggy - une petite dame bangladaise qui habitait à quelques maisons de chez Mère Térésa pendant une partie de sa vie - est absolument charmante et qu'elle fait les meilleurs pakoras aux lentilles et bhajis à l'oignon en ville. Aussi parce que le plat principal est accompagné de lentilles, de légumes, de riz et d'un paratha maison. Qu'on peut y apporter son propre vin. Et que tous les plats, bien que simples, sont frais, délicieux. On vous recommande particulièrement les crevettes au cari.
Tout ça coûte environ 15$ par personne, taxes et pourboire inclus. Maggy, comme Mère Térésa, fait des miracles!
Chez Maggy
4912 rue Wellington
514-227-7968
vendredi 27 avril 2012
Se chausser à l'espagnole
Son magasin de la rue Saint-Denis a l'air d'un magasin de bonbon, alors, en moins de dix minutes, j'ai succombé et acheté une paire d'espadrilles Lola multicolore.
En me rendant sur leur site web ce matin, je constate que j'aurais payé moins cher en ligne. Voici donc l'adresse pour faire du lèche-vitrine virtuel: http://www.espadrillestore.com/montreal-espadrilles-store
À noter que le magasin vend aussi quelques aliments et babioles de cuisine espagnols.
L'Espagne à vos pieds
4518 rue Saint-Denis
(514) 419-9922
samedi 21 avril 2012
Angel Mota pour le 22 avril...
Voici ce qu'il a à dire.
jeudi 19 avril 2012
22 avril: Montréal multiple contre les trous!
A l'approche de la grande manif citoyenne du 22 avril (dimanche) on a interrogé une demi-douzaine d'immigrants de tous horizons sur l'environnement, les ressources naturelles, le bien commun et l'avenir de la planète. Si certains doutaient encore de leur sentiment d'appartenance à ce Pays, voici de quoi faire réfléchir. Leurs préoccupations pour le territoire, le Plan Nord, les gaz de shiste et la façon dont notre gouvernement est en train de brader nos ressources sont celles de Québécois engagés et enracinés.
Ils ont choisi cette terre, leurs enfants vont y grandir et leurs petits enfants aussi. Et ils ne veulent pas d'un avenir plein de trous...
Serez-vous là le 22 avril? Eux, oui.
Pis nous aussi, tant qu'à faire.
Extraits.
lundi 2 avril 2012
Dépanner Petite-Patrie
Le tout est en ligne gratuitement.
Bon visionnement
mardi 13 mars 2012
Granby multiple
mercredi 7 mars 2012
Pour les détails: cliquez ici.
jeudi 1 mars 2012
Journée féministe multiple
Pour plus de détails
Samedi, 3 mars, 9h à 16h30
6767 Côte-des-Neiges
5$ - don suggéré
jeudi 23 février 2012
Art moderne autochtone: l'expo qui fesse
mardi 21 février 2012
Au pays du tadigh

Si vous suivez ce blogue depuis un bout de temps, vous savez déjà que nous avons un faible pour la cuisine perse. Nous ne manquons jamais une occasion d'aller faire un tour à NDG pour un bon chelo kebab.
lundi 20 février 2012
Rappe ta ville!
mercredi 8 février 2012
Black et timbrés


C'est le mois de l'Histoire des Noirs et, comme chaque année depuis 2009, Postes Canada veut faire sa part. La société vient d'émettre de nouveaux timbres avec des Blacks importants de notre histoire, Viola Desmond et John Ware.
jeudi 2 février 2012
La grande "noireté"
Un documentaire sur le Montréal haïtien. Un festival de chanson et de cinéma. Une conférence sur les Noirs dans le monde scientifique. Une manifestation pour le retour des cheveux crépus. Un concours de beauté africain. Une pièce de théâtre, des expositions, des tables rondes, des matchs de foot. Voilà un petit aperçu des nombreuses activités prévues à Montréal pour le Mois de l'histoire des Noirs, qui se déroulera pendant tout le mois de février.
Vous avez dit éclectique? Vous avez raison. Vingt et un ans après sa fondation, on ne sait toujours pas comment classer ce festival qui navigue entre le culturel, le politique et le social. Mais son objectif reste clair: sensibiliser le grand public à la réalité noire dans le monde et, surtout, rejoindre les jeunes Blacks en quête de repères identitaires.
Nos suggestions.
Malheureusement, cela ne règle pas tous les problèmes, car la pression est aussi grande que la communauté africaine est petite. Accueillis par leur famille plus ou moins immédiate, certains n'arrivent tout simplement pas à sortir du placard.
Le cinéaste Roger Boisrond ne mâche pas ses mots dans Sakpasé, documentaire aigre-doux sur la communauté haïtienne de Montréal, le 23 février à 17h, au Centre récréatif de Rivière-des-Prairies.
samedi 28 janvier 2012
La religion: un échec?

vendredi 20 janvier 2012
Église éthiopienne: y a-t-il un prêtre dans la salle?
Cette scène étrange (surréaliste?) n'a rien à voir avec la mort de Steve Jobs, mais tout à voir avec la petite communauté copte orthodoxe éthiopienne de Montréal, qui compte une centaine de membres. Faute de prêtre attitré, celle-ci diffuse des sermons et des prières trouvés sur des sites web. Concept inventif certes... mais quand même limité.
«Une messe sans prêtre, ce n'est pas vraiment une messe», reconnaît Tsegue-Mariam Negouné, membre de la communauté, rencontrée à la sortie du service.
Avec un peu de chance, ce problème pourrait être réglé sous peu. Après 15 ans d'errance, à se promener d'églises louées en salles paroissiales, la congrégation Tewahedo Medhanealem vient en effet d'acheter sa propre église dans le quartier Parc-Extension. Et elle espère que cette acquisition lui donnera un argument de poids pour attirer un prêtre permanent et non virtuel à Montréal.
«Il y a cinq ans, on n'aurait pas pu acheter cela. Mais maintenant, tout va changer», lance Debebe Emissa, diacre et leader discret de cette paroisse flottante.
Questions d'argent
Il y a cependant loin de la coupe aux lèvres. Jusqu'ici, les Éthiopiens de Montréal ont été assez malchanceux côté prêtres.
Les candidats n'ont pas été nombreux à postuler, et ceux qui sont venus sont vite repartis. Le premier s'est enfui à Calgary après trois ans de service. Le second n'est resté que quelques mois en 2006 avant de partir sans demander son reste. Depuis, c'est le désert absolu. Faute de mieux, la congrégation prie de façon informelle et fait venir un prêtre de Toronto pour les grandes occasions, comme le Noël orthodoxe, qui avait justement lieu vendredi, jour des Rois.
Comment expliquer cette aversion pour Montréal? Les prêtres éthiopiens seraient-ils comme les joueurs de hockey?
«Je pense surtout qu'ils se sentaient seuls, explique Debebe, diplomate. Ici, ce n'est pas comme Toronto. Et c'est encore moins comme l'Éthiopie. La communauté est petite. Nos activités sont limitées. Ils n'aimaient pas ça.»
Autre son de cloche à Toronto, où nous avons joint le père Mesale Engeda, fondateur de l'Égliseéthiopienne du Canada. Selon lui, le problème montréalais était avant tout pécuniaire: «Je pense que c'était essentiellement une question de revenus. La communauté de Montréal n'était tout simplement pas assez forte pour les soutenir financièrement.»
La situation n'est pas exclusive à Montréal, explique M. Engeda. Ottawa a connu le même problème par le passé, et la paroisse éthiopienne d'Halifax n'a toujours pas de prêtre. En revanche, Toronto en possède quatre.
Faut-il y voir - encore - une question de langue? «Ce n'est pas la raison principale, répond le religieux. Mais c'est peut-être une raison. Plusieurs Éthiopiens sont partis de Montréal pendant le référendum.»
Enfin, il est vrai que les communautés éthiopiennes sont plus nombreuses au Canada anglais et, par là, plus attirantes. Il y a environ 30 000 Éthiopiens à Toronto, alors que Montréal en compte environ 1000, musulmans, orthodoxes et évangélistes confondus.
«Je ne peux forcer personne»
Le père Engeda ne cache pas son admiration pour la paroisse montréalaise («ils sont peu nombreux, mais déterminés») et il dit travailler fort dans les coins pour lui trouver un prêtre. Mais, à mots plus ou moins couverts, il avoue que l'enthousiasme n'est pas au rendez-vous dans ses rangs: «Je ne peux forcer personne. Celui qui ira doit le faire pour prêcher la bonne nouvelle et non pour l'argent.»
La solution viendrait-elle d'Éthiopie? Rien n'est moins sûr. Primo, l'Église éthiopienne d'Amérique du Nord est en rupture avec celle d'Éthiopie. Les deux synodes sont en froid administratif depuis 20 ans (voir encadré). Deuzio, l'immigration pose problème. «On a souvent essayé. Un prêtre sur cinq seulement parvient à entrer au pays», souligne le père Engeda.
Selon lui, il serait beaucoup plus facile de recruter dans les camps de réfugiés du Kenya ou de l'Ouganda. En demandant l'asile, un prêtre aurait plus de chances d'être reçu et parrainé au Canada. «C'est une option que nous considérons sérieusement.»
Un QG pour la communauté
Dans quelques semaines si tout va bien, la congrégation Tewahedo Medhanealem prendra possession de sa nouvelle église, une ancienne mission catholique ukrainienne sur la rue Stuart.
Plus qu'un lieu de culte, l'endroit servira de bibliothèque, de centre culturel, d'école de langues et de point de chute pour les nouveaux arrivants. En d'autres mots, la communauté éthiopienne de Montréal aura enfin son QG. «On commence à avoir des enfants. On grossit. Il était temps qu'on ait notre place», souligne Debebe Emissa.
Et le prêtre? Plein d'espoir, Debebe lève les yeux."Je m'en remets à Dieu,. dit-il, c'est un bon berger.."
jeudi 22 décembre 2011
Kateri sera enfin canonisée
Kateri Tekakwitha se rapproche à grands pas de la sainteté. Benoît XVI vient en effet d’autoriser la canonisation de la bienheureuse mohawk, dont le tombeau est situé dans l’église de Kahnawake. Un boom touristique est à prévoir sur la réserve.
C’est maintenant chose faite.
En 2006, Kateri aurait en effet sauvé un jeune garçon de Seattle de la bactérie mangeuse de chair. Après avoir été à l’étude pendant plus de cinq ans, le dossier a finalement reçu l’imprimatur du Vatican. Sauf erreur, cela fera de Kateri la première sainte autochtone d’Amérique du Nord.
Cette nouvelle aura évidemment un impact considérable sur la petite ville de Kahnawake, qui risque de devenir un lieu de pèlerinage majeur.
Fait intéressant : tous les Mohawks ne partagent pas le même enthousiasme pour Kateri Tekakwitha. Les plus traditionnalistes lui reprochent encore de s’être convertie au catholicisme, ce qui en aurait fait une sorte de « colonisée spirituelle ». Mais Ron Boyer est convaincu que sacanonisation réunira les deux camps. « Ils (les traditionnalistes) vont revenir à l’église, j’en suis sûr », lance le diacre.
mercredi 21 décembre 2011
Noël perse....
Le 25, Montreal Persian organise un party perse sur la rue Crescent. Bye bye tante Bertha, hello Tehran beat! Détails.
Et Joyeux Noël! Ou Joyeuses fêtes pour les plus politically correct ;-)
mercredi 14 décembre 2011
On en veut à Montréal
On aime voyager pour voir ce qu'il se fait de bien ailleurs et rapporter les meilleurs idées dans notre baluchon. Nous revenons d'une petite tournée allemande et croyons que nous devrions nous aussi adopter la tradition des marchés de Noël et du vin chaud vendu dans la rue. D'ailleurs, la Ville de Québec a un marché allemand cette année.
mardi 13 décembre 2011
Prêt pour le dragon d'eau
vendredi 2 décembre 2011
« On faisait peur au monde»: Des "Warriors" au temps du peace & love (ou l’étrange destin du groupe Red Power, pionnier du rock mohawk engagé)
Entre 1968 et 1973, le groupe mohawk Red Power a produit sa propre mixture de blue-hard-rock et de revendications pro-autochtones. Il s’est produit sur les campus universitaires, dans des bars gais, des clubs underground et même devant Pierre Élliott Trudeau qui a failli en perdre sa rose à la boutonnière.
Mais son histoire n’a jamais été écrite. Et son souvenir est parti en fumée de calumet dans un cigarette shop de la réserve de Kahnawake. À « K-Town » d’ailleurs, rares sont ceux qui se rappellent encore de Red Power. Bien que ses anciens membres soient encore actifs dans la communauté, ce nom appartient définitivement au passé.
Des fusils aux guitares
Red Power, c’est avant tout Ronald Deere, mieux connu sous le nom de Frosty. C’est lui le fondateur, l’auteur et le chanteur qui a donné vie au groupe. Sans lui, il n’y aurait pas eu Red Power, il n’y aurait eu qu’un groupe de bar et de bière. Sans lui, il n’y aurait pas eu l’âme du warrior mohawk.
« Quand j’y repense, on donnait un maudit bon show, dit-il aujourd’hui. On faisait vraiment peur au monde.»
Frosty, 71 ans, vit aujourd’hui avec sa femme, dans une petite maison pré-usinée au bord de la route 132 en bordure de Kahnawake. A l’intérieur, les murs de bois sont bardés de photos de famille spectaculaires et la radio classic rock américaine joue en rotation lourde. En bas, il avait jadis son magasin d’ordinateurs. Mais il a laissé le commerce à son fils, qui l’a transformé en magasin d’armements.
On s’attendait à tout sauf à des mitraillettes, en allant rencontrer un ancien chanteur de rock. Mais chez Frosty, j’ai vite compris que la culture militaire était une réalité. Un de ses fils vend des guns, l’autre est soldat et il a lui-même servi dans l’armée américaine au début des années 60 (au cas où vous ne le sauriez pas, beaucoup de mohawks de Kahnawake préfèrent s’engager pour l’Oncle Sam, question de sentiment d’appartenance). Pas étonnant qu’il nous ait accueilli avec une casquette de la US Army sur le front. Ce n’était pas seulement pour cacher ses cheveux gris, ça fait partie de lui.
Frosty a passé 10 ans sous les drapeaux. Comme volontaire. Mais en 1966, quand son contrat est venu à terme, il a décidé de revenir à Kanhawake. Coup de chance, dit-il. « Un mois plus tard et ils m’auraient envoyés au Vietnam. »
Très vite, la musique remplace les fusils. Parce qu’il sait chanter, un peu, pas beaucoup, surtout du folk mais quand même, Frosty est invité par son cousin Gordon (Bryson) à rejoindre the Mixed Breed, un groupe rhythm’n’blue garage de la réserve.
C’est pendant une de ces fêtes, justement, que va naître Red Power. En décembre 68, les trois moitiés de Mixed Breed se séparent. Francos et Mohawks, c’est connu, ne sont pas faits pour s’entendre! Ça tombe mal : le groupe doit se produire dans une semaine à l’Hotel Reine –Élizabeth pour un party du Collège Loyola. Que faire? Sans tarder, Frosty et Gordon recrutent les frères Michael et Donald Sky, deux autres Mohawks de la réserve. Fini les mélanges de couleur. Cette fois, c’est le rouge total.
Bien que pas prête pantoute, la nouvelle formation honore son engagement. De cela, tout le monde est certain. Ce qui est moins certain, c’est ce qui se passe ce soir-là dans l’hôtel. Pierre Elliott Trudeau, premier-ministre du Canada, tient-il un congrès du parti libéral? S’échappe-t-il de la fête pour venir danser comme un fou pendant le concert du groupe mohawk? Enfin, John et Yoko sont-ils au dernier étage en train de faire leur bed-in de l’amour? Frosty a-t-il bien vu deux krishnas se trémousser au fond de la salle? Bref, sommes-nous en mai 69 ou en décembre 68? On a essayé d’y voir clair, mais le « indian time » s’est mis en travers du chemin. Ni Frosty, ni Michael Sky ne semblaient s’en rappeler distinctement.
Mais une chose est certaine : c’est soir-là, officiellement, que Red Power est né.
« On voulait faire réfléchir »

Ha. Red Power. Le choix du nom n’est pas innocent. On est en 1969 et l’Amérique vibre pour la défense des droits civiques. Inspirés par l’émergence du mouvement black power, les autochtones réclament leur part du gâteau et dénoncent les injustices. Par extension, on parle bientôt de Red Power, un mouvement multiforme dont la figure de proue est le AIM, le American Indian Movement, qui va se propager jusqu'au Canada (voir photo ci-contre, prise en Colombie-britannique en 1974)
Pour Frosty, rockeur militant, c’est le nom tout trouvé. Red Power sera à la fois un manifeste, une plateforme politique et un nom à la hauteur du mythe guerrier des Mohawks, qui se perpétuera jusqu’à la crise d’Oka de 1990 avec l’intimidante présence des Warriors.
« On voulait montrer que les autochtones pouvaient réfléchir, écrire et proposer quelque chose » résume Frosty. Le problème, c’est que ce nom portait à confusion. Beaucoup de gens ont pensé qu’on était un groupe communiste! »
Ses textes vont dissiper le malentendu. Dès 1969, Frosty écrit les deux chansons emblématiques du groupe, sur des musiques des frères Sky : Freedom revendique l’émancipation de tous les autochtones d’Amérique alors que Take a Look at the Reservation, invite les non-mohawks à confronter leurs préjugés en venant faire un tour sur la réserve (You don’t Need an invitation/Take a Look at the Reservation).

« C’est incroyable tous les préjugés qui circulaient sur nous, raconte Frosty (ici en photo dans les années 70). Les gens ne savaient rien de notre réalité. On nous prenait pour des désoeuvrés, du monde sans job. On nous posait sans arrêt des questions sur notre vie ici. C’est pour ça que j’ai écrit Take a look. »
La ligne éditoriale de Red Power est claire. D’ailleurs, même ses chansons d’amour parlent de politique (Warrior Love)! Sans dire que le groupe était en colère, le musicien et animateur de radio Lance Delisle admet qu’il avait des choses à dire : «Dans ce temps-là, tout le monde avait un message à livrer. Red Power aussi : ils voulaient éduquer les gens » dit-il.
« C’est vrai que nos textes étaient assez directs pour l’époque, reconnaît Michael Sky. Moi c’était pas trop mon truc. J’étais plutôt dans la musique. Mais disons que ça m’allait comme orientation. »
Hey White man come see what you have done ∕ Say white man we have just begun
We are tired of all your segregation ∕ We are tired of all your assimilation
(Freedom)
Des plumes et un couteau
En 1969 et 1970, Red Power fait sa petite place dans le milieu rock anglophone de Montréal. Son message est unique. Mais sa musique, inspirée par Love, Canned Heat et autres Mothers, est parfaitement dans l’air du temps.
On les voit sur scène avec les Haunted et les Rabble, deux groupes aujourd’hui devenus culte. Ils se produisent à McGill devant les étudiants, en première partie de l’Américain Jesse Winchester, frais déserteur de l’armée américaine ou dans des clubs de travelos de la rue Crescent, qui en redemandent. Après une performance mémorable dans un concours de groupes à Dorval, le Montreal Star les déclare un des cinq meilleurs groupes underground de Montréal.
Il faut dire que Red Power donne un vrai spectacle. Jouant le jeu, Frosty n’hésite pas à porter sa coiffe de chef amérindien et ce, près de 10 ans avant l’indien des Village People!. « J’avais aussi un gros couteau, raconte Frosty. Ce n’était pas un vrai, mais quand même, c’était impressionnant. Je le prenais dans ma main et je sautais sur les gens en faisant semblant de vouloir les épingler. On faisait vraiment peur au monde (we really scared the shit out of people). »
Cette agression en règle se poursuit jusqu’aux Etats-Unis. Profitant de leur sauf-conduit mohawk, les membres de Red Power se produisent notamment à l’Université de Plattsburgh, à Buffalo, ainsi qu’à New York, où tous les membres du groupe se retrouvent par hasard, alors qu’ils travaillent dans la construction.
Mais cette activité ne se convertit pas en radio-activité. Sans argent, sans gérant et sans compagnie de disque, Red Power doit ramer pour survivre.
Michael Sky quitte le groupe en 1970. La formation continue pendant quelques années avec divers changement de personnel. En 1973, un petit label américain propose au groupe d’enregistrer une démo à New York. Pour le groupe, c’est l’ultime chance. Mais le malheur s’en mêle. Quelques jours avant les sessions, le bassiste du groupe Donald Sky est fauché par une voiture à Kahnawake. Le fautif disparaît et Frosty, effrondré, range sa hache de guerre.
« On était à la porte du succès. Au lieu de quoi on a disparu dans la brume »
Des pionniers?
Que reste-t-il de Red Power? A vrai dire, quasiment rien. En cinq ans et des poussières (1968-1973) le groupe n’a laissé aucune photo, aucun enregistrement, aucune découpure de journaux, sinon qu'une affiche de spectacle (voir plus haut) seul témoin de son existence.
Le militantisme de Red Power a-t-il été un obstacle à son succès? Michael Sky en doute. « S’il y avait un obstacle, je pense plutôt que c’était moi, lance-t-il humblement. Je ne prenais pas ça très au sérieux. »
Frosty, de son côté, évoque plutôt l’orgueil et le refus de faire des concessions. « On ne voulait pas jouer pour des pinottes et on ne voulait pas être prisonnier d’un contrat pour 99 ans.. »
Pour Lance Delisle, enfin, tout part de la géographie. Red Power chantait en anglais dans une province francophone en pleine émancipation. Si le groupe avait vécu aux Etats-Unis, sa réussite aurait sans doute été plus tangible.
« Des fois, ça dépend où est ton camp de base » dit-il. « Au Québec, ils n’avaient aucune chance d’attirer l’attention. »
Pour Delisle, Red Power n’en reste pas moins une part importante de l’histoire du peuple iroquois en général et mohawk en particulier. « Il y avait des injustices dans la nation autochtone, pas seulement à Kanhawake, mais partout en Amérique du Nord. Ils ont voulu exprimer ce que c’était d’être amérindien à cette époque, donner une voix et un sentiment de fierté à un peuple qui n’en avait pas. Leur message avait le mérite d’être clair.... »
En essayant d’en savoir plus sur la question, je constate que le rock amérindien n’a pas eu beaucoup de vrais ambassadeurs. Il y a bien eu Link Wray (Shawnee), Robbie Robertson du groupe The Band (Mohawk) Jesse Ed Davis (Kiowa) Jimmy Carl Black (Cheyenne) et bien sûr Jimi Hendrix, qui était à moitié Cherokee. Mais leurs chansons n’avaient rien de spécialement autochtone. Au milieu des années 70, le groupe de funk-rock Redbone a aussi connu un certain succès en jouant la carte des plumes et des peintures de guerre. Mais c’était une « gimmick » plutôt qu’une prise de position, excepté pour la chanson Wounded Knee, que voici:
Red Power était-il donc une exception? Je n’en sais rien. Mais avec plus de chance, peut-être serait-il passé à l’Histoire comme le premier groupe de rock autochtone ouvertement engagé…
Enfin, tous les mercredis, il se produit pour les patients, à l’hopital de Kanhawake.
Est-ce qu’il leur chante du Red Power?
« Des fois! » dit-il, en riant…
Take a Look at the reservation






