dimanche 31 janvier 2010

Gnaoua Montreal

Le dernier post de Jean-Christophe sur la soirée vaudou m'a inspiré en quelque sorte ma sortie d'hier soir, non pas à Repentigny, mais au Divan Orange sur la Main. Le lien? On y présentait une soirée gnaoua, une musique de transe pratiquée par une confrérie de descendants d'esclaves depuis des centaines d'années.

En fait, c'est assez difficile à expliquer et puisque j'avais déjà fait l'exercice pour le livre (chez un bon libraire près de chez vous le 20 avril), en voici un petit extrait:

"Comme le jazz, cette musique est née de l’adversité qu’ont vécue des esclaves africains après leur déracinement de leur Afrique subsaharienne natale. Organisés en confrérie, leurs descendants qui vivent dans le nord de l’Afrique et qui sont passés maîtres de la musique que leur ont enseignée leurs aïeuls sont aujourd’hui ceux qui portent le nom de Gnaoua. Armés du guembri (un luth-tambour), le qraqeb (des crotales) et de ganga (tambours), les Gnaoua invoquent les esprits à qui ils confient peurs et espoirs. En résulte une musique, rythmée et hypnotisante, utilisée pour induire une transe aux fidèles des Gnaoua".

Depuis quelques 15 ans, le gnaoua vit une grande renaissance, grâce notamment au festival gnaoua d'Essaouira au Maroc à la fin juin.

Alors que la communauté maghrébone grandit à vue d'oeil à Montréal, le gnaoua (qu'on peut aussi écrire gnawa ou gaada chez les Algériens) a maintenant ses adeptes ici aussi. Parmi eux, Nazir Bouchareb (dont vous trouverez le site web ici) est l'un des plus actifs.

Hier, il avait réuni au Divan orange trois groupes de ganoua et un groupe de flamenco. L'endroit étant petit, l'atmosphère était impeccable pour une soirée gnaoua et les musiciens étaient en grande forme. Une chouette intro au genre et ce, même si l'euphorie que peut causer ce genre de musique ne s'est pas matérialisé pour nous hier soir.

Les Bobards présentent aussi à l'occasion des concerts de gnaoua et le Festival du monde arabe ne manque jamais d'inviter des virtuoses chaque année. On sent que bientôt, les occasions de se frotter à cet art du désert vont se multiplier.


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